Le feuilleton Duralex n'en finit pas de rebondir. Le groupe Carlesimo s'apprête à déposer une nouvelle offre de reprise pour la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), rapporte franceinfo.

Une marque dans toutes les cuisines

Duralex, c'est bien plus qu'une entreprise : c'est un morceau de patrimoine. Ses verres et assiettes en verre trempé, réputés quasi incassables, ont accompagné des générations de Français, des cantines scolaires aux tables familiales. Le fameux gobelet, souvent frappé d'un numéro sous le fond, fait partie des objets du quotidien devenus cultes.

Derrière l'objet, un savoir-faire industriel rare, concentré sur un seul site, en France. C'est précisément ce qui rend chaque menace sur la verrerie si sensible.

Un site à nouveau en difficulté

Car l'entreprise traverse, une fois de plus, une passe critique. Après avoir été, il y a deux ans, reprise par ses salariés sous forme de coopérative (Scop), une solution alors saluée, Duralex a de nouveau été placée en redressement judiciaire, rappelle France Bleu. Signe des difficultés persistantes, la production a été ralentie pour préserver la trésorerie.

Le site emploie plusieurs centaines de personnes, dont l'avenir est de nouveau suspendu à la recherche d'un repreneur solide.

Carlesimo revient à la charge

C'est dans ce contexte que le groupe Carlesimo, déjà candidat lors du précédent épisode en 2024, annonce vouloir déposer une nouvelle offre. Son pari : celui de la viabilité de la verrerie, à condition d'un projet industriel et d'investissements à la hauteur.

Les contours exacts de cette offre (périmètre repris, nombre d'emplois préservés, montant investi) seront examinés par la justice, aux côtés d'éventuelles autres candidatures. C'est le tribunal qui tranchera, en pesant la crédibilité des projets et leur capacité à assurer un avenir durable au site.

L'enjeu d'un savoir-faire à préserver

Au-delà du cas Duralex, ce dossier illustre les défis de l'industrie française : concurrence internationale, coûts de l'énergie (la fabrication du verre en est très gourmande), et fragilité de sites emblématiques mais isolés.

Sauver Duralex, ce n'est pas seulement préserver des emplois : c'est aussi défendre un patrimoine industriel et un symbole du « fabriqué en France ». Reste à savoir si, cette fois, la verrerie trouvera enfin la stabilité qui lui échappe depuis des années. Les prochaines semaines, et la décision de justice, seront déterminantes.