Nouveau coup d'éclat pour l'un des grands noms français des télécoms. Xavier Niel s'apprête à devenir le premier actionnaire de Vodafone, en rachetant la participation de l'opérateur émirati e&, rapporte BFMTV.

Une prise de participation à plusieurs milliards

L'opération porte sur la totalité de la part détenue par e& dans le géant britannique, soit environ 16 % du capital, pour un montant supérieur à 5 milliards d'euros, précise Zonebourse. L'achat se fait par l'intermédiaire d'une société contrôlée par la famille de Xavier Niel, distincte du groupe Iliad. L'émirati, de son côté, sort complètement du capital de Vodafone.

À l'annonce de la nouvelle, l'action Vodafone a fortement grimpé, avec un bond de l'ordre de 11 % en Bourse : le signe que les marchés voient d'un bon œil l'arrivée d'un actionnaire industriel, connaisseur du secteur.

Qui est Xavier Niel

Xavier Niel n'est pas un investisseur comme les autres dans les télécoms : c'est un bâtisseur du secteur. Fondateur de Free, qui a bousculé le marché français au début des années 2010 avec ses forfaits à bas prix, il a construit autour d'Iliad un groupe désormais présent dans plusieurs pays européens, notamment en Italie et en Pologne.

Depuis des années, il multiplie les prises de participation sur le Vieux Continent, avec une idée fixe : bâtir un acteur paneuropéen capable de rivaliser avec les grands opérateurs historiques. L'entrée au capital de Vodafone s'inscrit dans cette stratégie de consolidation.

Un Vodafone en pleine mutation

L'opération intervient à un moment charnière pour Vodafone. Longtemps mastodonte des télécoms européens, le groupe a traversé des années difficiles et engagé une profonde restructuration : cessions d'actifs, recentrage sur certains marchés, recherche d'économies. Autant de chantiers destinés à redresser une entreprise sous pression, confrontée à la concurrence, à la saturation des marchés et aux lourds investissements dans les réseaux (5G, fibre).

L'arrivée d'un actionnaire de référence tel que Niel pourrait peser sur la suite de cette transformation, même si les modalités précises de son influence restent à préciser.

Un pari européen

Reste à mesurer la portée de ce mouvement. En s'installant au capital de l'un des plus grands opérateurs du continent, Xavier Niel envoie un signal fort sur ses ambitions et sur sa conviction : celle qu'une recomposition du paysage télécom européen est en cours, et qu'il entend y jouer un rôle de premier plan.

Pour un secteur en quête de relais de croissance et de consolidation, l'irruption de l'entrepreneur français au sommet de Vodafone est, à coup sûr, l'un des mouvements les plus commentés de l'année.