C'est une avancée notable pour un secteur souvent décrié pour ses conditions de travail. Uber Eats et Deliveroo ont accepté de relever fortement le revenu minimum garanti de leurs livreurs, rapporte BFMTV.
De 11,75 à 19 euros de l'heure
Concrètement, le minimum garanti passe d'environ 11,75 euros bruts à 19 euros bruts par heure d'activité, précise Boursorama. Ce plancher avait été fixé lors d'un premier accord en 2023 ; il est donc nettement revalorisé.
Attention toutefois à la lecture du chiffre : il s'agit d'un minimum par heure d'activité, un cadre propre au statut d'indépendant des livreurs, différent d'un salaire horaire classique. Selon la direction d'Uber Eats France, la mesure représente un investissement de l'ordre de 50 millions d'euros par an.
Un accord issu du dialogue social des plateformes
L'accord a été signé par les deux plateformes, membres de l'organisation qui les représente, avec des représentants des livreurs, dont les organisations Union-Indépendants et la FNAE. Il s'inscrit dans le cadre mis en place depuis quelques années pour organiser le dialogue social propre à l'économie des plateformes, sous l'égide de l'autorité dédiée (l'ARPE).
Ce mécanisme, encore récent, vise à instaurer des règles minimales dans un secteur longtemps marqué par l'absence de garanties, où les livreurs, juridiquement indépendants, ne bénéficient pas des protections du salariat.
Une profession qui reste sur sa faim
Malgré la hausse, une partie des livreurs et de leurs représentants estiment que le compte n'y est pas. Ils rappellent que le statut d'indépendant les prive d'un grand nombre de protections sociales, et que la question de la rémunération ne résume pas, à elle seule, celle de leurs conditions de travail : sécurité, temps d'attente, désactivation des comptes, prise en charge des accidents.
Pour ces travailleurs, souvent jeunes et précaires, l'accord constitue un pas dans la bonne direction, mais pas un aboutissement. Le débat de fond, celui de la place de ces plateformes et du statut de ceux qui les font tourner, reste entier.
Un secteur sous surveillance
Au-delà du cas français, la rémunération et le statut des livreurs font l'objet de discussions dans toute l'Europe, où plusieurs pays et institutions cherchent à mieux encadrer le travail via les plateformes.
Cet accord montre qu'un dialogue est possible et peut déboucher sur des améliorations concrètes. Il rappelle aussi que, derrière la commodité d'un repas livré en quelques minutes, se trouvent des femmes et des hommes dont les conditions de travail restent un enjeu de société.



