Bonne nouvelle pour les voyageurs. La Répression des fraudes (DGCCRF) met fin aux « tarifs flexibles » de la compagnie Volotea, qui permettaient d'augmenter le prix d'un billet après son achat, rapporte Le Monde.

Un prix qui pouvait grimper après paiement

Le principe mis en place par la compagnie était pour le moins inhabituel : une fois le billet acheté, son prix pouvait être réévalué, à la hausse, en fonction de l'évolution du cours du carburant (kérosène). Selon la formule, le tarif pouvait ainsi augmenter de quelques euros par trajet après la réservation, la compagnie invoquant la volatilité des prix de l'énergie.

Le mécanisme était présenté comme fonctionnant dans les deux sens (une baisse pouvant, à l'inverse, donner lieu à un remboursement partiel), assorti de facilités d'annulation. Mais c'est bien la possibilité d'un renchérissement après achat qui a attiré l'attention des autorités.

Ce que dit le droit

Or, en la matière, la règle est claire, souligne Ouest-France : lorsqu'un consommateur a payé un bien ou un service, le prix est ferme. Le vendeur ne peut pas, ensuite, en réclamer davantage. C'est un principe fondamental de la protection du consommateur, doublé, dans l'aérien, de règles européennes exigeant transparence et loyauté sur les prix.

Pour la DGCCRF, le client doit connaître le coût définitif au moment où il valide sa commande, sans risque de mauvaise surprise ultérieure. La pratique de Volotea a donc été jugée non conforme, et la compagnie a mis fin au dispositif.

Un signal à tout le secteur

Au-delà du seul cas de cette compagnie low cost espagnole, très présente sur les vols régionaux en France, cette décision fait figure d'avertissement pour l'ensemble du transport aérien. Le secteur s'est fait une spécialité de la multiplication des frais et options (bagages, choix du siège, embarquement…), au risque, parfois, de brouiller la lisibilité du prix réel.

En s'attaquant à un tarif révisable après achat, les autorités posent une limite nette : l'inventivité commerciale ne peut aller jusqu'à remettre en cause la fermeté du prix convenu.

Le bon réflexe du voyageur

Pour les consommateurs, la morale est simple : le prix affiché et payé au moment de la réservation est celui qui doit s'appliquer. En cas de demande de supplément après coup, sans fondement contractuel clair, il est légitime de la contester.

Cette affaire illustre l'utilité d'un contrôle vigilant des pratiques tarifaires, dans un domaine où le consommateur, pressé de réserver au meilleur prix, n'a pas toujours le temps ni les moyens de décrypter toutes les subtilités des offres.