Avec la chaleur, transpirer davantage est parfaitement naturel : c'est ainsi que le corps régule sa température. Mais pour une partie de la population, la sueur déborde ce cadre et devient un vrai handicap au quotidien. On parle alors d'hyperhidrose, ou hypersudation.

Où commence l'excès ?

La transpiration devient problématique lorsqu'elle est abondante, fréquente et sans rapport avec l'effort ou la chaleur. Selon l'Assurance maladie, l'hyperhidrose touche le plus souvent des zones précises : les mains, les pieds, les aisselles, parfois le visage. Elle peut aussi être plus diffuse. Au-delà de l'inconfort, elle pèse sur la vie sociale et professionnelle : vêtements trempés, gêne à serrer une main, irritations de la peau.

Dans la majorité des cas, cette transpiration excessive n'a pas de cause identifiable : on la dit primaire. Plus rarement, elle est secondaire, c'est-à-dire liée à un autre facteur, comme certains médicaments, un trouble hormonal ou une maladie. C'est l'une des raisons pour lesquelles il ne faut pas hésiter à en parler à un médecin.

Les bons gestes du quotidien

Plusieurs habitudes simples permettent de limiter la gêne. Côté vêtements, privilégiez les matières naturelles et respirantes, comme le coton ou le lin, et les coupes amples qui laissent circuler l'air, plutôt que les tissus synthétiques. Une hygiène régulière limite par ailleurs les odeurs, dues à la prolifération de bactéries sur une peau humide.

Attention à ne pas confondre déodorant et antitranspirant : le premier masque les odeurs, le second agit sur la sudation elle-même. Les antitranspirants à base de sels d'aluminium sont le traitement local de première intention pour les formes légères à modérées. Enfin, bien s'hydrater aide l'organisme à mieux réguler sa température.

Quand consulter, et quelles solutions médicales

Si ces mesures ne suffisent pas, ou si la transpiration excessive apparaît brutalement, s'accompagne d'autres symptômes (fièvre, amaigrissement) ou perturbe fortement votre vie, une consultation s'impose. Le médecin traitant ou un dermatologue peut alors en rechercher la cause et proposer un traitement adapté.

Plusieurs options existent pour les formes plus sévères. L'ionophorèse, qui fait passer un faible courant électrique à travers la peau, est souvent proposée pour les mains et les pieds. Les injections de toxine botulique peuvent réduire nettement la transpiration, notamment au niveau des aisselles, avec un effet qui dure plusieurs mois. Dans les cas les plus lourds, des solutions chirurgicales existent, mais elles restent un dernier recours, en raison de leurs effets indésirables possibles. Le maître-mot reste d'adapter la réponse à chaque situation, avec un professionnel de santé.