La nuit a été courte et le réveil douloureux. Au lendemain de l'élimination des Bleus en demi-finale du Mondial, battus 2-0 par l'Espagne, l'analyse a rapidement pris le pas sur la déception. Et elle est venue, d'abord, de l'intérieur du vestiaire.
Mbappé sans détour
Capitaine de l'équipe de France, Kylian Mbappé n'a pas cherché à enjoliver la prestation. Après la rencontre, il a ouvertement critiqué le plan de jeu et le manque de justesse technique des siens, selon ESPN. En substance, l'attaquant a estimé que la France n'avait pas mis assez d'intensité pour gêner la construction espagnole, et qu'elle avait trop souvent perdu le ballon dans des situations où elle aurait dû le conserver.
Ce constat, venu du joueur le plus emblématique de la sélection, en dit long sur le sentiment général : celui d'une équipe qui n'a pas livré, dans le match le plus important, le contenu qu'on attendait d'elle. Face à une Espagne rôdée, adepte de la possession, les Bleus ont paru à court d'idées.
Des individualités en dedans
Les prestations individuelles, passées au crible par la presse, confirment cette impression d'ensemble. Dans ses notes d'après-match, franceinfo pointe un Michael Olise décevant, très en deçà de son niveau habituel, et un Lucas Digne à l'origine du penalty transformé dès la 22e minute par Mikel Oyarzabal.
Tout n'est pas à jeter pour autant. La même analyse salue la solidité de Dayot Upamecano en défense, l'un des rares Bleus à surnager. Mais ces satisfactions individuelles ne pèsent pas lourd face au constat collectif : une équipe qui n'a jamais réussi à inverser la dynamique, encaissant un second but signé Pedro Porro.
Les questions de l'après
Cette élimination rouvre inévitablement le débat sur les choix, notamment tactiques. Comment une sélection aussi riche offensivement a-t-elle pu se montrer aussi inoffensive dans un match couperet ? Fallait-il un autre plan, un autre équilibre au milieu de terrain ? Autant d'interrogations qui vont nourrir les discussions dans les jours à venir.
Reste que le football se joue aussi dans la tête et dans l'engagement, et que l'Espagne a paru, ce soir-là, plus sûre de ses forces. Pour les Bleus, l'heure est au bilan, avec la frustration d'un rendez-vous manqué si près du but. Le talent était là ; il a manqué le liant, et peut-être un peu de réalisme, pour aller au bout.



