Elle avait 25 ans et s'était rendue dans un salon d'esthétique de Nice pour une injection à visée esthétique. Le 27 juillet, elle y est morte. Selon les éléments rendus publics, le décès serait survenu à la suite d'une réaction allergique à un anesthésique injecté avant le produit lui-même. La personne qui pratiquait l'injection a tenté de la réanimer, sans succès.
Où en est l'enquête
Une enquête a été ouverte pour exercice illégal de la médecine, homicide involontaire et administration de substances nuisibles. Trois personnes ont été placées en garde à vue, deux femmes et un homme. Les deux femmes, âgées de 36 et 28 ans, ont ensuite été placées en détention provisoire : la gérante de l'établissement et la personne qui a pratiqué l'injection.
Elles sont présumées innocentes, et il reviendra à l'enquête d'établir les responsabilités et la cause exacte du décès. Un élément est toutefois déjà documenté : selon les investigations, celle qui injectait n'avait ni formation ni autorisation pour pratiquer ce geste. Elle se présentait comme esthéticienne, opérait sur recommandation, de bouche à oreille, et exercerait ainsi depuis plusieurs années.
La règle que beaucoup ignorent
C'est le point central, et il est mal connu du public : en France, les injections esthétiques sont des actes médicaux. Toxine botulique, acide hyaluronique, produits de comblement : leur administration est réservée à des médecins, dans un cadre médical.
Une esthéticienne, quelles que soient ses compétences et son sérieux dans son propre métier, n'a pas le droit de pratiquer une injection. Ce n'est pas une question de zèle administratif. Injecter, c'est franchir la barrière cutanée, avec les risques que cela suppose : réaction allergique, choc anaphylactique, infection, nécrose, atteinte d'un vaisseau. Le cadre médical existe parce que ces complications surviennent, et qu'il faut alors savoir les reconnaître et disposer sur place de quoi les traiter.
L'exercice illégal de la médecine est un délit, puni d'une peine de prison et d'une amende.
Comment vérifier avant de vous faire injecter
La démarche est simple et prend quelques minutes. Voici ce que vous pouvez faire.
Vérifiez que le praticien est bien inscrit à l'Ordre des médecins. L'annuaire de l'Ordre et celui de l'Assurance maladie permettent de rechercher une personne par son nom et sa spécialité. Si elle n'y figure pas, elle n'est pas médecin.
Regardez où se déroule l'acte. Une injection se pratique dans un cabinet médical, pas dans un institut de beauté, pas dans un appartement, pas lors d'une séance organisée à domicile chez une connaissance.
Demandez quel produit est utilisé et d'où il vient. Un médecin vous répondra sans difficulté et le produit sera présenté dans son conditionnement d'origine.
Méfiez-vous des tarifs nettement inférieurs au marché et de la prise de rendez-vous par messagerie privée sur les réseaux sociaux. Ce sont les deux signaux les plus fréquents du circuit parallèle.
Un marché parallèle qui prospère sur la demande
Ce drame n'est pas un accident isolé de la vie d'un institut. Il éclaire un circuit : des produits achetés en dehors des canaux pharmaceutiques, des prestations proposées sans qualification, une clientèle démarchée par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, et des prix qui rendent l'offre attractive.
La demande de médecine esthétique a fortement augmenté, y compris chez des personnes jeunes. Le circuit légal est encadré et coûteux ; le circuit parallèle est immédiat et bon marché. C'est précisément dans cet écart que se loge le risque, et une jeune femme de 25 ans vient d'en mourir.



