Quand une famille est évacuée en urgence, elle part avec des papiers, des médicaments et parfois rien d'autre. Pour un enfant, ce qui manque le soir venu n'est pas un objet de valeur : c'est le sien. Partant de ce constat, JouéClub et La Grande Récré ont lancé une collecte de jouets destinée aux enfants des familles touchées par les incendies de Gironde et des Landes.
« Un jouet, c'est souvent l'objet auquel on se confie, l'objet qui nous rassure », explique Céline Kern, à la tête de JouéClub. La formule dit assez bien ce que vise l'opération : pas un cadeau, un repère.
Comment participer
Le dispositif est volontairement simple. Des points de collecte sont installés dans les magasins des deux enseignes, partout en France, et pas seulement dans les départements sinistrés. Vous déposez, il n'y a pas d'inscription ni de formulaire.
Une seule règle est posée clairement : les jouets doivent être neufs ou en très bon état. Ce n'est pas une coquetterie. Un jouet cassé, incomplet ou sale ne sera pas distribué, et il faudra que quelqu'un s'occupe de le trier puis de le jeter, ce qui consomme du temps bénévole déjà rare. Le bon réflexe consiste à se demander si l'on offrirait l'objet en cadeau à un enfant de sa famille.
Les enseignes n'ont pas communiqué de date de fin. Si vous voulez être sûr d'arriver dans les temps, le plus simple est d'appeler votre magasin.
Où vont les dons
Les jouets sont redistribués aux familles sinistrées, notamment sur le bassin d'Arcachon, dans le cadre d'un partenariat avec le Fonds de solidarité aux sinistrés. Le passage par une structure identifiée est ce qui distingue une collecte utile d'une accumulation de cartons : quelqu'un sait combien d'enfants, de quels âges, et où.
Le don le plus efficace n'est pas toujours matériel
C'est le point que rappellent systématiquement les associations après une catastrophe, et il mérite d'être entendu sans culpabilité. Un don financier à une structure reconnue est en général plus efficace qu'un don matériel, parce qu'il permet d'acheter exactement ce qui manque, au moment où cela manque, souvent sur place, ce qui fait vivre les commerces locaux au passage.
Les collectes matérielles gardent leur intérêt pour des besoins précis, identifiés par ceux qui sont sur le terrain. C'est le cas ici : des jouets pour des enfants, demandés par une structure qui les distribuera.
Attention aux fausses cagnottes
Chaque catastrophe attire, en quelques jours, son cortège d'escroqueries. Les associations et les autorités locales alertent régulièrement sur deux formes principales.
Les cagnottes en ligne frauduleuses, d'abord, ouvertes par des inconnus au nom de victimes qu'ils n'ont jamais rencontrées. Avant de donner, vérifiez qui organise la collecte et à quel titre : une association identifiable, une mairie, une structure connue. Une cagnotte anonyme relayée massivement sur les réseaux sociaux mérite votre méfiance, pas votre carte bancaire.
Le démarchage à domicile, ensuite, par de faux experts ou de faux artisans qui proposent aux sinistrés une évaluation des dégâts ou des réparations immédiates, contre paiement comptant. Les expertises officielles ne se paient pas sur le pas de la porte.
Donner reste utile. Encore faut-il que le don arrive.



