Il y a des retours au pays plus spectaculaires que d'autres. Celui de Victor Wembanyama à Nanterre, ce jeudi 30 juillet, s'est joué sur un terrain de basket en plein air, au complexe sportif Paul-Vaillant-Couturier. Le pivot des San Antonio Spurs venait inaugurer un playground rénové, et il n'a pas fait dans la langue de bois sur les raisons qui l'y amenaient : « Je sais ce que ça fait de jouer sur un terrain pourri ».
Un projet voté au printemps
L'opération ne s'est pas décidée en une semaine. La ville de Nanterre l'avait annoncée en avril : la rénovation du terrain extérieur de Paul-Vaillant-Couturier, financée par la fondation des San Antonio Spurs, dans le cadre d'une convention de partenariat approuvée à l'unanimité par le conseil municipal. Le modèle avait déjà été appliqué au Chesnay-Rocquencourt, là où Wembanyama a grandi.
Ce partenariat entre une franchise NBA et une commune des Hauts-de-Seine n'est pas anecdotique. Les Spurs se sont entraînés au palais des sports Maurice-Thorez lors de leur passage en France, et leur staff technique a encadré un stage hivernal pour les jeunes de Nanterre 92. Le terrain rénové s'inscrit dans cette série, pas en dehors.

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Un club dont il est devenu actionnaire
Wembanyama a un lien avec Nanterre 92 qui dépasse la nostalgie. Il en est devenu actionnaire, qualifiant le club de « club différent, une perle rare ». La formule est juste : Nanterre 92 est l'un des rares clubs de l'élite française à s'être construit sur un centre de formation ancré dans le tissu associatif local plutôt que sur des recrutements.
C'est ce club qui l'a récupéré adolescent, à un moment où sa trajectoire n'était écrite nulle part, et qui l'a fait jouer, y compris sur des surfaces qui n'avaient rien de la NBA. La phrase sur le terrain pourri n'est donc pas une figure de style de communicant. C'est un souvenir précis.
Ce que ça change concrètement
Un playground rénové, ce n'est ni un gymnase ni un centre de formation. C'est un terrain en accès libre, ouvert à ceux qui n'ont pas de licence, pas d'horaire de créneau et pas de club. Dans une ville comme Nanterre, c'est souvent là que se joue le premier contact avec le basket, bien avant l'inscription en club.
Le joueur, élu meilleur défenseur de la saison NBA et cité parmi les candidats au titre de MVP, aurait pu se contenter d'envoyer un chèque et un communiqué. Le fait qu'il soit venu poser les pieds sur le terrain un 30 juillet, en pleine intersaison, dit quelque chose de la façon dont il entretient ce lien. Reste à voir combien de gamins l'useront, ce terrain, d'ici la rentrée.



