Un défi viral peut vite tourner à l'accident. L'Anses, l'agence sanitaire française, met en garde contre les défis pimentés popularisés sur TikTok, qui ont déjà envoyé plus d'une centaine de personnes vers les centres antipoison. Les adolescents sont les premiers concernés.
Un jeu dangereux venu des réseaux
Le phénomène, rapporté par Clubic, tourne autour du « One Chip Challenge » et de ses variantes. Le principe : ingérer une chips ou un aliment extrêmement pimenté, sans boire ni recracher, le plus longtemps possible, le tout filmé pour les réseaux sociaux.
Les déclinaisons se multiplient : piment brut, sauces concentrées, snacks ultra-relevés. Derrière l'apparente plaisanterie, la substance en cause, la capsaïcine, peut provoquer de véritables intoxications.
Les chiffres de l'Anses
L'agence a compilé des données parlantes. Entre 2021 et 2025, les centres antipoison ont reçu 124 appels pour intoxication à la capsaïcine. Parmi eux, 39 % étaient liés à des défis inspirés des réseaux sociaux.
Le public touché est jeune : les adolescents de 10 à 15 ans représentent un tiers de l'ensemble des cas, et les deux tiers des participants à ces défis. L'agence rapporte même des intoxications collectives, dont une ayant concerné 34 personnes, et deux épisodes regroupant respectivement une douzaine de collégiens.
Des produits extrêmes, parfois retirés
La puissance de ces produits dépasse l'entendement culinaire. La chips américaine à l'origine du défi contenait du Carolina Reaper, l'un des piments les plus forts du monde, mesuré entre 1,8 et 2,2 millions sur l'échelle de Scoville, quand une sauce Tabasco tourne autour de 5 000.
Face au danger, les autorités européennes ont réagi : depuis 2023, six denrées ont été retirées du marché européen, avec des teneurs en capsaïcine allant de 560 à plus de 18 000 milligrammes par kilo. Une version européenne du défi, le « Hot Chip Challenge », avait circulé fin 2023.
Les symptômes, et le bon réflexe
Les effets, le plus souvent, ne sont pas anodins sans être dramatiques : douleurs à l'estomac, à la gorge, au ventre, irritations de la bouche, vomissements. Un seul cas grave a été rapporté, un œdème de Quincke chez une femme de 28 ans allergique.
Surtout, l'Anses martèle un réflexe contre-intuitif mais crucial : en cas de brûlure, il ne faut pas boire d'eau. La capsaïcine ne se dissout pas dans l'eau, qui ne fait qu'étaler la sensation. Il vaut mieux privilégier un corps gras, lait, yaourt, crème glacée ou huile, et manger du pain, des pommes de terre ou du riz pour calmer la brûlure. En cas d'œdème ou de difficultés respiratoires, il faut appeler sans attendre le 15, le 112 ou le 114.
Ce que les parents peuvent retenir
Au-delà de l'alerte ponctuelle, cet épisode illustre un risque récurrent : la viralité qui pousse des mineurs à des conduites dangereuses pour quelques vues. Le défi pimenté n'est ni le premier ni le dernier du genre.
Le message n'est pas de diaboliser les réseaux, mais d'informer : ces produits extrêmes ne sont pas des friandises, et un « défi » filmé peut finir aux urgences. En parler avec les adolescents, et connaître les bons gestes en cas d'incident, reste la meilleure protection. Nous relaierons les recommandations officielles à mesure que l'Anses actualise son suivi.



