La vitamine D est l'une des plus consommées en complément, notamment l'hiver, quand le soleil se fait rare. Mais derrière ce nom unique se cachent en réalité deux molécules distinctes, et une étude récente suggère qu'elles ne se valent pas.
Deux vitamines D, pas une
Le point de départ, rapporté par Futura Sciences, est une distinction que beaucoup ignorent. Il existe deux formes de vitamine D.
La vitamine D2, ou ergocalciférol, provient de sources végétales, comme certains champignons. La vitamine D3, ou cholécalciférol, est d'origine animale, et c'est aussi celle que notre peau fabrique sous l'effet du soleil. Deux origines, deux molécules proches mais non identiques, que l'on retrouve indistinctement sur les étiquettes des compléments.
La découverte qui interroge
C'est là que l'étude apporte un éclairage surprenant. Selon une méta-analyse menée par des chercheurs de l'université de Surrey, du John Innes Centre et du Quadram Institute, la supplémentation en D2 pourrait, paradoxalement, faire baisser le taux de D3 dans l'organisme.
Autrement dit, prendre de la D2 reviendrait, dans certains cas, à diminuer sa réserve de D3, parfois en dessous du niveau observé chez des personnes ne prenant aucun complément. Un effet contre-intuitif, qui remet en question l'idée que les deux formes seraient interchangeables.
Un enjeu pour l'immunité
L'affaire ne se limite pas à une question de taux. Des travaux antérieurs, publiés dans la revue Frontiers in Immunology, suggèrent que c'est la D3, et non la D2, qui stimule le système immunitaire.
Selon le professeur Colin Smith, la D3 active des voies de signalisation clés, la première ligne de défense de l'organisme contre virus et bactéries. Si cette piste se confirme, cela renforcerait l'intérêt de privilégier la D3, en particulier dans une optique de soutien immunitaire.
Corrélation, prudence et bon sens
Il faut toutefois manier ces conclusions avec la rigueur qui s'impose. Une méta-analyse regroupe les données de plusieurs essais pour dégager une tendance ; elle met en évidence des associations robustes, mais reste tributaire de la qualité des études réunies.
Les chercheurs eux-mêmes restent mesurés : la D3 serait « plus bénéfique que la D2 pour la plupart des individus », mais ils insistent sur un point essentiel, le choix d'une supplémentation doit être guidé par un professionnel de santé, en fonction de la situation de chacun, surtout en cas de carence diagnostiquée.
Ce que vous pouvez en faire
Concrètement, cette étude n'invite pas à l'auto-médication, mais à la vigilance sur l'étiquette. Si vous prenez un complément de vitamine D, il peut être utile de vérifier s'il s'agit de D2 ou de D3, cette dernière apparaissant, à la lumière de ces travaux, comme le choix le plus favorable pour la majorité des gens.
Pour le reste, les fondamentaux ne changent pas : une exposition raisonnable au soleil reste la première source naturelle de vitamine D, et toute supplémentation, en particulier à forte dose ou prolongée, gagne à être discutée avec un médecin. La science affine ici un détail qui a son importance ; à nous de ne pas le transformer en injonction hâtive.



