Plus d'un milliard de dollars de destructions, et un comptage encore loin d'être exhaustif. Selon une évaluation rapide menée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Conseil national de la recherche scientifique du Liban, les dégâts directs subis par les bâtiments du seul Sud-Liban, à la suite de la guerre entre Israël et le Hezbollah, sont estimés à près de 1,38 milliard de dollars, soit environ 1,2 milliard d'euros.

Une étude fondée sur l'imagerie satellite

Le chiffre provient d'une comparaison d'images satellite analysées au moyen d'un système d'intelligence artificielle géospatiale, rapporte L'Orient-Le Jour. L'évaluation couvre les districts de Bint Jbeil, Marjeyoun, Nabatiyé, Tyr et Saïda, tandis que Beyrouth et le Mont-Liban font l'objet de relevés distincts.

Le décompte est lourd : 11 095 bâtiments entièrement détruits, affectant près de 18 000 logements. À cela s'ajoutent plusieurs milliers de bâtiments partiellement endommagés. Le volume de débris est estimé à quelque 3,1 millions de mètres cubes.

Un chiffrage volontairement prudent

Les auteurs insistent sur le caractère partiel de leur estimation. L'étude exclut explicitement les sous-sols, les structures souterraines et les infrastructures essentielles : routes, ponts, réseaux électriques, adduction d'eau et télécommunications. Elle ne tient pas non plus compte des destructions survenues dans les toutes dernières semaines du conflit.

Le montant réel des dommages est donc vraisemblablement supérieur. À titre de comparaison, des évaluations plus larges associant institutions internationales chiffraient déjà, au printemps 2025, les besoins de reconstruction du pays à environ 11 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

Le Sud, premier théâtre des destructions

Le Sud-Liban, zone frontalière la plus exposée aux frappes israéliennes, concentre l'essentiel des destructions recensées dans cette première phase. La banlieue sud de Beyrouth et la plaine de la Bekaa, également visées pendant la guerre, ne sont pas intégrées au montant principal communiqué pour le Sud.

Au-delà des bâtiments, le conflit a fait, selon les autorités libanaises citées par Ici Beyrouth, des milliers de morts et déplacé plus d'un million de personnes. Le retour des habitants dans les villages frontaliers rasés s'annonce long et coûteux. Les affrontements ont pris fin par un cessez-le-feu, dont la mise en œuvre reste fragile. Pour les Nations unies, l'urgence est désormais d'affiner le chiffrage des besoins, préalable indispensable à toute reconstruction d'ampleur.