C'est la nouvelle que des milliers de personnes attendaient depuis dix jours, et elle est arrivée dimanche en fin de journée : les habitants du Porge et de la presqu'île de Lège-Cap-Ferret sont autorisés à regagner leur domicile à partir de ce lundi 3 août.

Ce qui est autorisé, et ce qui ne l'est pas

La décision émane de la préfète de la Gironde. Elle a été annoncée dimanche 2 août et concerne les résidents des deux communes.

Une exception y est expressément portée : les campings restent fermés. La distinction n'a rien d'administratif. Un camping est un hébergement léger, souvent installé sous pins, sans mur coupe-feu ni desserte incendie comparable à celle d'un lotissement, et il concentre des centaines de personnes qui ne connaissent ni le terrain ni les issues. C'est exactement le type de site qu'on rouvre en dernier.

Il faut aussi entendre le calendrier tel qu'il a été posé. Dimanche encore, dans la journée, la consigne était que le retour n'était pas possible : deux secteurs restaient difficiles à sécuriser. La levée est intervenue ensuite, pour le lendemain. Autrement dit, l'autorisation vaut pour lundi, pas pour la nuit de dimanche à lundi.

Le département reste en vigilance rouge

Rentrer chez soi ne signifie pas que l'épisode est terminé, et la préfecture prend soin de le rappeler sur sa page de crise.

Selon le portail d'information de la préfecture de la Gironde, le feu s'est déclaré le 22 juillet 2026 et le département demeure placé en vigilance rouge feux de forêt. Le dispositif administratif reste entier : des attestations d'évacuation ont été délivrées pour vingt-trois communes, parmi lesquelles Saumos, Lacanau et Andernos-les-Bains, et des attestations de réintégration sont émises au fur et à mesure que les secteurs sont sécurisés.

Plusieurs arrêtés préfectoraux continuent par ailleurs de s'appliquer sur une large partie du département : interdiction de circuler avec des engins à moteur thermique dans les zones forestières, interdiction de certains rassemblements de jeunes, restrictions de navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Ces textes disent quelque chose de simple : la sortie de crise se fait par étapes, secteur par secteur, et le retour des habitants est la première d'entre elles, pas la dernière.

Ce que les jours suivants vont exiger

Pour ceux qui rentrent, la journée de lundi ne sera pas un retour à la normale.

Un logement resté fermé dix jours à proximité d'un feu peut avoir subi des dégâts invisibles depuis la rue : fumées incrustées, coupures d'eau ou d'électricité, denrées perdues, réseaux à contrôler avant remise en service. Les assureurs, dans ce type d'épisode, demandent des constats rapides et des photographies.

Il y a surtout la question du délai. Dix jours d'évacuation en pleine saison, sur un littoral qui vit du tourisme estival, c'est une double peine : les habitants ont perdu leur logement, et une partie de l'économie locale a perdu son mois d'août. Les campings toujours fermés sont précisément les acteurs les plus exposés à cette seconde perte.

Nous avions rapporté, la semaine dernière, les destructions du Porge, où près de deux cents maisons ont brûlé. Pour les propriétaires concernés, cette autorisation de retour ne change rien : ils rentrent dans une commune, pas dans une maison.