L'épidémie d'Ebola qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a franchi un seuil critique : plus de 1 000 cas confirmés et environ 254 décès, selon un dernier bilan officiel attribué aux autorités sanitaires congolaises. La létalité avoisine 25 % parmi les cas confirmés. Plusieurs centaines de patients restent hospitalisés ou isolés.
Un foyer concentré en Ituri
La très grande majorité des cas et décès sont enregistrés dans la province d'Ituri, dans le nord-est du pays. Quelques cas ont été signalés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, et l'épidémie a débordé jusqu'en Ouganda. Les analyses ont confirmé, mi-mai 2026, qu'il s'agissait du virus Bundibugyo, une espèce rare d'Ebola. Il faut distinguer les cas confirmés des cas suspects, dont le nombre a fortement évolué depuis le début de la flambée ; le bilan reste susceptible d'être révisé.
Pourquoi l'épidémie échappe au contrôle
Plusieurs facteurs se conjuguent. L'Ituri est ravagé depuis des années par les violences de groupes armés, ce qui complique le travail des équipes et expose les structures de santé. La mobilité des populations déplacées rend le traçage des contacts très difficile, et une forte méfiance des communautés freine la détection précoce — des obstacles pointés par l'OMS. Dernier écueil, et non des moindres : il n'existe à ce jour aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, les outils disponibles ayant été développés contre la souche Zaïre. Le recours éventuel au vaccin Ervebo reste discuté et son efficacité contre cette souche est incertaine.
La riposte
Face à la gravité de la situation, l'OMS a déclaré le 17 mai 2026 que cette épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Les autorités congolaises, appuyées par l'OMS et des partenaires comme Médecins sans frontières, ont déployé des équipes d'intervention rapide, renforcé la surveillance et ouvert des centres de traitement. Mais, rapporte l'AFP, c'est la combinaison de l'épidémie, du conflit et de la défiance qui rend cette flambée particulièrement difficile à endiguer. À ce stade, elle continue de progresser.



