Le drame remonte au 14 août 2024 : deux Rafale de l'armée de l'air et de l'espace, dont un biplace d'entraînement, étaient entrés en collision en vol au-dessus de la Lorraine, près de la base de Nancy-Ochey. Deux aviateurs — un instructeur et un élève pilote — avaient perdu la vie ; un troisième, l'ailier, avait pu s'éjecter. Près de deux ans plus tard, l'enquête de sécurité a rendu ses conclusions, rapporte Franceinfo.
Une « double commande » fatale
La cause retenue par le bureau enquêtes de la défense est une erreur de pilotage liée à un phénomène de « double commande » (dual input). Dans le Rafale biplace, l'élève et l'instructeur auraient agi simultanément sur les commandes en sens contraires, lors d'une manœuvre de combat rapproché. Faute d'avoir activé le commutateur de priorité qui aurait permis à l'instructeur de reprendre seul la main, les deux ordres se sont en partie annulés pendant une fraction de seconde décisive, rendant l'appareil incontrôlable au pire moment. La collision s'est jouée en quelques secondes, sans laisser aux équipages le temps de réagir.
Des failles au-delà du cockpit
L'enquête ne se limite pas à l'instant de l'accident. Elle pointe des facteurs contributifs plus larges : une connaissance insuffisante du risque de double commande, un voyant d'alerte peu perceptible en plein effort, et des lacunes dans le suivi de ce type d'incidents au sein de la flotte. Autant d'éléments qui dépassent la responsabilité individuelle des pilotes.
Six recommandations
À l'issue de ses travaux, le bureau d'enquêtes a formulé six recommandations à destination de l'armée de l'air et de la Direction générale de l'armement : rendre l'alerte de double commande plus visible, mieux suivre statistiquement ces incidents, renforcer la formation des équipages, ou encore revoir certaines règles de sécurité en combat visuel.
Une enquête judiciaire, distincte de l'enquête de sécurité, se poursuit par ailleurs. Les conclusions techniques rendues ici visent uniquement à améliorer la sécurité des vols, non à établir des responsabilités pénales. Au-delà des causes, c'est la mémoire de deux aviateurs morts en service que ce rapport vient, aussi, rappeler.



