Concentration en berne, fatigue, risque de coup de chaleur : la canicule pèse lourd au travail. Selon l'INRS, l'organisme de référence en prévention, les conditions deviennent préoccupantes dès une trentaine de degrés pour un poste sédentaire — moins encore pour un travail physique. Que peut-on exiger, et que dit la loi ?
Pas de température maximale légale, mais des obligations
Contrairement à une idée répandue, aucune température maximale n'interdit légalement de travailler en France. En revanche, le Code du travail impose à l'employeur une obligation de protéger la santé de ses salariés : il doit évaluer le risque « chaleur » et prendre des mesures adaptées, rappelle l'INRS. Depuis l'été 2025, une réglementation impose en outre de s'appuyer sur les niveaux de vigilance de Météo-France (jaune, orange, rouge) pour déclencher et renforcer ces mesures — jusqu'à pouvoir suspendre certains travaux en cas d'alerte rouge si la sécurité ne peut être garantie.
Ce que l'employeur doit concrètement
- Mettre à disposition de l'eau potable fraîche près des postes de travail (au moins 3 litres par jour et par personne sur les chantiers du BTP).
- Adapter l'organisation : horaires décalés vers les heures fraîches, pauses plus fréquentes, rotation des postes, zones plus fraîches.
- Informer et former les salariés aux risques et aux signes d'alerte.
- Les moins de 18 ans ne peuvent être affectés à des postes les exposant à des températures extrêmes.
Le droit de retrait : réel, mais encadré
Un salarié peut exercer son droit de retrait s'il estime être face à un danger grave et imminent. Mais les conditions sont strictes : si l'employeur a bien mis en place les mesures requises, ce droit sera difficile à justifier. À l'inverse, leur absence peut le légitimer.
Les bons réflexes
Boire régulièrement sans attendre la soif, éviter alcool et boissons très sucrées, réserver les tâches lourdes aux heures fraîches, faire des pauses à l'ombre ou au frais, signaler tout malaise (maux de tête, vertiges, nausées) sans attendre. Et, quand c'est possible, négocier du télétravail si le domicile est mieux protégé de la chaleur. La canicule au travail n'est pas une fatalité — à condition que chacun joue son rôle.



