C'est la bande-son de l'été méridional. Mais savez-vous comment, et pourquoi, les cigales chantent ?
Un instrument logé dans l'abdomen
Contrairement aux grillons, la cigale ne frotte pas ses pattes. Elle possède un organe propre : les cymbales (ou timbales), deux membranes rigides nichées à la base de l'abdomen. De puissants muscles les déforment puis les laissent claquer, des centaines de fois par seconde ; l'abdomen creux sert de caisse de résonance, amplifiant le son jusqu'à un vacarme comparable à une tondeuse. Détail souvent ignoré : seuls les mâles chantent, pour séduire les femelles, chaque espèce ayant sa propre signature sonore, explique Futura Sciences.
Le silence de la fraîche
Pourquoi ce concert s'arrête-t-il à l'ombre ? Parce que les cymbales ne vibrent que si elles sont assez souples — ce qui dépend de la température. En dessous d'environ 22-25 °C, les membranes sont trop rigides : la cigale se tait. À l'inverse, par très forte chaleur (au-delà de 36-38 °C environ), elle se tait de nouveau, peinant à réguler sa température. La fenêtre du chant est donc étroite — et c'est précisément à ces heures-là qu'on les entend à plein régime.
Des années sous terre pour quelques semaines au soleil
Ce que l'on entend ne représente qu'une infime part de leur vie. Les larves des espèces européennes passent plusieurs années sous terre (souvent trois à cinq ans), à se nourrir de la sève des racines. Puis, une nuit d'été, la larve émerge, grimpe sur un tronc et mue une dernière fois pour devenir adulte. Sa vie aérienne ne dure alors que quelques semaines : le temps de chanter, de se reproduire, et de s'éteindre.
La cigale remonte vers le nord
Symbole indéfectible de la Provence, la cigale se déplace pourtant. On l'entend désormais bien plus au nord, jusque dans la région lyonnaise, la vallée du Rhône servant de couloir thermique. Paradoxe de l'époque : à mesure que le climat se réchauffe, le Sud pourrait devenir trop chaud pour elle, quand le Centre apprend à vivre avec son chant. Thermomètre naturel depuis toujours, la cigale est aussi, à sa manière, une sentinelle du changement climatique.



