Le roi Charles III va devenir le premier monarque britannique à publier sa facture fiscale personnelle, a annoncé Buckingham Palace. Les chiffres portant sur l'exercice 2024-2025 doivent être rendus publics aux côtés des comptes annuels de la Maison royale. Aucun souverain régnant n'avait jusqu'ici divulgué le montant de l'impôt qu'il acquitte.

Ce qui sera publié

La publication couvrira les revenus privés du roi : ceux issus du duché de Lancastre, des domaines privés de Sandringham et de Balmoral, ainsi que de ses placements personnels. Le palais a précisé que ces données deviendraient une pratique annuelle. Il faut distinguer cette imposition personnelle des deux autres piliers du financement royal : la Sovereign Grant, la dotation publique qui couvre les dépenses officielles, et le duché de Lancastre, qui alimente la cassette privée du souverain — environ 26,8 millions de livres de revenus privés en 2024-2025.

Un impôt volontaire depuis 1993

Le cœur du sujet tient à un particularisme britannique : le souverain est en principe exonéré d'impôt sur le revenu, de droits de succession et d'impôt sur les plus-values. Mais, depuis 1993, les membres de la famille royale acquittent volontairement certaines de ces taxes. Charles paie ainsi l'impôt sur le revenu sur ses revenus privés, déduction faite des dépenses officielles, sans y être légalement contraint.

En rendant public le montant effectivement versé, le roi va au-delà de ce simple paiement : il accepte d'en exposer le détail. Du temps où il était prince de Galles, Charles avait déjà diffusé des informations comparables sur ses finances, ce qui inscrit cette décision dans une démarche personnelle de longue date.

Transparence et pression politique

Le palais justifie l'initiative par la volonté d'encourager une meilleure compréhension de ses responsabilités. En arrière-plan, la nature jugée opaque des finances de la couronne nourrit de longue date les critiques des partisans de la République. Le contexte récent pèse aussi : les affaires entourant l'ancien prince Andrew, lié au scandale Jeffrey Epstein, ont braqué les projecteurs sur l'argent de la famille royale et semblent avoir accéléré ce mouvement vers davantage de redevabilité.

La portée du geste reste toutefois à nuancer : la publication concerne l'impôt personnel du roi, pas l'intégralité du patrimoine royal. Et le montant exact de l'impôt versé ne sera connu qu'à la publication officielle des comptes. Reste à voir si l'exercice fera école : à ce stade, le prince William, héritier et bénéficiaire du duché de Cornouailles, ne communique pas le montant de l'impôt qu'il verse.