Le calendrier n'aide pas. Au moment où les juillettistes et les aoûtiens se croisent sur les routes, le carburant est à son plus haut niveau de l'été.

Ce que disent les relevés

Le ministère de la Transition écologique publie chaque semaine un bilan des prix moyens relevés en France. Celui publié le 27 juillet, portant sur la semaine du 20 au 24 juillet, faisait état d'un gazole à 2,169 euro le litre, en hausse de dix centimes sur une semaine, et d'un SP95-E10 à 2,021 euro, en hausse de quatre centimes.

La progression s'est poursuivie ensuite : le mercredi 29 juillet, le gazole ressortait en moyenne à 2,203 euro le litre, tandis que le SP95-E10 refluait très légèrement à 2,029 euro.

Sur l'ensemble du mois de juillet, le gazole a repris environ 10,7 centimes et le SP95-E10 environ 4,3 centimes. L'écart de dynamique entre les deux carburants est le fait notable de cette séquence : c'est le gazole, majoritaire dans le parc français, qui encaisse l'essentiel de la hausse.

Un mot de méthode, parce qu'il compte quand vous vous arrêterez à une station. Ces chiffres sont des moyennes nationales, tous réseaux confondus. Le prix que vous verrez affiché dépendra beaucoup de l'endroit où vous vous arrêtez, et l'écart entre une station de grande surface en périphérie et une aire d'autoroute est loin d'être négligeable.

Pourquoi ça monte

Trois mécanismes se combinent en été, et il vaut mieux les distinguer que les mélanger.

Le premier est le cours du pétrole brut, exprimé en dollars, auquel s'ajoute l'effet du taux de change euro-dollar : un euro plus faible renchérit mécaniquement chaque baril acheté, même à cours constant.

Le deuxième est la marge de raffinage, c'est-à-dire l'écart entre le prix du brut et celui des produits finis. Elle varie selon les capacités disponibles et selon la demande de chaque produit, ce qui explique que gazole et essence ne bougent pas au même rythme.

Le troisième est la demande saisonnière. Juillet et août concentrent les plus gros volumes de circulation de l'année en France, et cette pression se retrouve dans les prix, particulièrement sur les grands axes.

À cela s'ajoute une part fiscale importante et largement fixe, qui n'explique pas les variations de court terme mais pèse sur le niveau absolu.

Ce que vous pouvez faire avant de partir

Quelques réflexes simples, sans promesse miracle.

Faites le plein avant de rejoindre l'autoroute, dans une station de périphérie. C'est le geste qui pèse le plus lourd, et sur un réservoir de 50 litres la différence se compte en euros, pas en centimes.

Comparez avant de vous arrêter. Le site officiel prix-carburants.gouv.fr recense les prix déclarés par les stations et permet de repérer les moins chères sur votre itinéraire. Les données proviennent des exploitants eux-mêmes, avec le décalage que cela suppose : vérifiez l'affichage sur place.

Une fois sur la route, la conduite fait le reste. Réduire de 130 à 120 km/h sur autoroute diminue sensiblement la consommation, un coffre de toit ou des barres inutilisées la font monter, et une pression des pneus correcte évite quelques pour cent de gaspillage. Ce sont des gains modestes pris isolément, mais ils se cumulent sur un long trajet.

Un samedi de départs chargé

Le contexte routier n'arrange rien : le premier samedi d'août est traditionnellement l'une des journées les plus difficiles de l'année sur le réseau français, avec le chassé-croisé entre ceux qui rentrent et ceux qui partent. Consultez les prévisions de Bison Futé avant de vous engager, et si votre organisation le permet, décaler le départ de quelques heures reste la meilleure économie, de carburant comme de nerfs.