Les États-Unis ont annoncé, le 22 juin 2026, des sanctions contre un ressortissant français soupçonné par Washington d'avoir entretenu des liens avec le groupe État islamique (EI). La mesure a été prise par l'Office of Foreign Assets Control (OFAC), l'organe chargé des sanctions au sein du département du Trésor américain. Il s'agit d'une procédure administrative reposant sur des soupçons : à ce stade, l'intéressé n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale et bénéficie de la présomption d'innocence.

Ce qu'a annoncé Washington

Selon le Trésor américain, l'OFAC a inscrit le même jour trois personnes et six entités présentées comme un réseau de facilitateurs financiers de l'EI réparti entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique de l'Ouest. Parmi elles figure un ressortissant français, identifié par les autorités américaines sur leur liste publique. Washington lui reproche d'avoir « matériellement assisté » l'organisation : transactions avec des individus liés à l'EI en Syrie, fourniture d'informations relatives aux explosifs, recours à des canaux de cryptomonnaies. Ces éléments sont des accusations des autorités américaines, non établies par une juridiction.

La nature des sanctions

La désignation par l'OFAC entraîne en principe le gel des avoirs détenus sous juridiction américaine et l'interdiction, pour les personnes et entreprises américaines, de toute transaction avec la personne visée. Les établissements financiers étrangers qui faciliteraient sciemment des transactions importantes à son profit s'exposent à des sanctions dites « secondaires ».

Un volet d'une action plus large

Le cas s'inscrit dans une opération visant à perturber les circuits de financement de l'EI. Le Trésor a notamment ciblé, le même jour, une plateforme d'échange de cryptomonnaies basée en Syrie, présentée comme convertissant des dons en cryptomonnaies en liquidités, ainsi que des sociétés de transfert d'argent, selon l'analyse de TRM Labs. Washington a justifié cette campagne par la volonté d'assécher les ressources du groupe djihadiste, rapporte l'AFP. Les autorités françaises n'avaient pas, à ce stade, communiqué publiquement sur ce dossier ; les faits décrits demeurent des soupçons attribués aux autorités américaines.