Un créateur, une légende
Lorsque Gianni Versace fonde sa maison à la fin des années 1970, il fait basculer la couture italienne dans une ère de provocation assumée et de beauté solaire. Jusqu'à sa mort en 1997, il invente presque tout : les top-modèles érigés en héroïnes du podium, le mélange de références antiques et de culture pop, la robe du soir comme une arme. Près de trente ans plus tard, le musée Maillol propose une grande rétrospective consacrée au maître de Milan.
Des centaines de pièces pour décoder un génie
Le parcours réunit plusieurs centaines de pièces issues de collections privées, organisées autour d'un long podium où s'alignent les silhouettes les plus marquantes. Robes brodées à la main, cuir clouté, imprimés baroques saturés de couleurs : chaque création illustre une conviction que Versace formulait sans détour — la couleur comme synonyme de vie. Parmi les temps forts, des robes devenues iconiques, portées par les figures du cinéma et de la musique, rappelle la presse culture.
La scénographie comme second langage
La mise en scène joue le double registre de l'atelier et du podium : on entre dans un espace évoquant les coulisses — tissus, croquis, bijoux — avant que les couleurs n'explosent, ponctuées d'écrans diffusant des défilés d'époque et la bande-son des shows. Une galerie rend hommage aux photographes et aux mannequins qui ont accompagné la maison, ainsi qu'aux icônes — de la musique au cinéma — qui portaient du Versace à une époque où le luxe ignorait encore la culture pop.
Pourquoi y aller
Parce qu'une telle densité de pièces originales sera difficile à revoir en France, et parce que l'exposition ne se contente pas de célébrer : elle contextualise et analyse comment Versace a puisé dans l'Antiquité, l'Art déco et le pop art pour bâtir un langage visuel immédiatement reconnaissable. Dans l'écrin intime d'un hôtel particulier du 7e arrondissement, l'extravagance du créateur dialogue avec le calme du lieu — un contraste réussi. Pensez à réserver : l'exposition est courue.



