Un déclin qui s'accélère

Les chiffres inquiètent. D'après les suivis du Muséum national d'Histoire naturelle, deux espèces de papillons de jour sur trois ont disparu d'au moins un département où elles étaient présentes il y a un siècle, et plusieurs sont aujourd'hui menacées. En cause : pesticides, disparition des prairies fleuries, artificialisation des sols et fauchage trop fréquent. Chaque jardin peut devenir un maillon de leur survie.

Les bonnes plantes mellifères

Les papillons adultes se nourrissent de nectar : misez sur des plantes à floraison longue et parfumée. La lavande, la sauge, l'origan, le thym et la menthe sont parmi les plus efficaces. Côté arbustes, le lilas offre une floraison printanière généreuse.

Un avertissement, en revanche, sur le buddleia, souvent vendu comme « arbre aux papillons » : il est interdit d'introduction, de culture et de transport en France depuis 2014, car classé espèce invasive. Un seul pied peut produire des millions de graines par an et coloniser les milieux naturels au détriment des plantes indigènes dont dépendent les chenilles. Mieux vaut lui préférer les alternatives ci-dessus.

Ne pas oublier les plantes hôtes

Attirer les adultes ne suffit pas : pour se reproduire, les papillons ont besoin de plantes où pondre, dont leurs chenilles se nourriront. La plus précieuse est l'ortie, plante hôte de plusieurs espèces emblématiques comme le paon-du-jour, la petite tortue ou le vulcain. Laissez-en un carré dans un coin ensoleillé : quelques mètres carrés suffisent. Trèfles et graminées sauvages nourrissent d'autres espèces.

Aménager (et laisser faire)

Quelques principes simples transforment un jardin :

  • Bannir les pesticides, qui éliminent insectes et plantes hôtes.
  • Préserver une zone sauvage non tondue, avec herbes hautes.
  • Installer un point d'eau peu profond (une soucoupe de sable humide).
  • Favoriser le plein soleil : les papillons en ont besoin pour se réchauffer.
  • Espacer les tontes.

Enfin, en automne, résistez à l'envie de tout nettoyer : tiges creuses et feuilles mortes abritent chrysalides et papillons hivernants. Un jardin accueillant pour les papillons profite à toute la petite faune utile — abeilles et bourdons compris.