Le cyclisme français cherchait un visage pour la décennie qui vient. Il en a peut-être trouvé un samedi, sur les pentes de la quatorzième étape du Tour de France.
Troisième derrière l'intouchable Pogacar
L'étape est revenue à Tadej Pogacar, parti seul pour s'imposer et conforter son maillot jaune, comme le montre le résumé de franceinfo. Derrière lui, son coéquipier mexicain Isaac del Toro a pris la deuxième place.
La troisième est française. Paul Seixas, coureur de la formation Decathlon-CMA CGM, a tenu la roue des meilleurs jusqu'au bout, détaille TotalVelo dans son classement d'étape. À 19 ans, sur un terrain de montagne, face aux hommes forts de l'épreuve.
Quatrième du général, et en blanc
Le bénéfice est double. Seixas s'empare du maillot blanc du meilleur jeune coureur et grimpe au quatrième rang du classement général, à 5 minutes et 19 secondes de Pogacar, selon le classement publié par CNews. Quinze secondes seulement le séparent du podium provisoire.
Un écart aussi mince à une semaine de Paris place le jeune Français dans une position inédite : non plus celle du bon élève de sa génération, mais celle d'un candidat au top 3 d'un Tour de France. C'est un statut que le cyclisme tricolore n'a plus connu que par intermittence depuis une quinzaine d'années.
Ce que le maillot blanc engage
Le classement du meilleur jeune récompense le premier coureur de moins de 26 ans au général. Sa valeur tient moins au trophée qu'à ce qu'il annonce : les vainqueurs de ce classement se retrouvent, à intervalles réguliers, sur le podium final du Tour quelques années plus tard.
Côté français, le maillot blanc reste une distinction rare, portée à Paris par une poignée de coureurs seulement depuis sa création dans les années 1970. Que Seixas puisse s'y ajouter à 19 ans, lors de sa découverte de l'épreuve, donne la mesure de la performance en cours.
Il reste toutefois une semaine de course, dont plusieurs journées de haute montagne. À cet âge, la question n'est pas seulement de tenir le rythme des favoris : c'est de tenir la troisième semaine, cette portion du Tour où les organismes cèdent sans prévenir et où l'expérience compte davantage que les watts.
Un Tour verrouillé
Au-delà du cas Seixas, la course a perdu une part de son suspense. Pogacar contrôle l'épreuve, accumule les victoires d'étape et gère son avance sur Jonas Vingegaard, son adversaire désigné, qui n'est jamais parvenu à renverser le rapport de force.
Cette domination déplace mécaniquement l'intérêt vers les autres classements et vers les places d'honneur. Pour le public français, privé de vainqueur sur ses routes depuis 1985, l'ascension d'un coureur de 19 ans en maillot blanc constitue de loin la meilleure raison de suivre la dernière semaine.



