Le différend sur le contrôle du programme nucléaire iranien reste entier. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a démenti toute invitation adressée à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour inspecter les installations nucléaires endommagées par des frappes. « Aucune invitation de ce type n'a été émise », a-t-il affirmé, refroidissant les annonces venues de Washington.
Des sites nucléaires frappés, des inspecteurs retirés
Le contentieux fait suite à une campagne de frappes ayant visé plusieurs sites nucléaires iraniens — notamment Fordow, Natanz et Ispahan —, avec l'emploi de munitions anti-bunker en appui à une opération israélienne. La nature exacte de la participation américaine et israélienne, l'ampleur des dégâts, la datation des frappes et le bilan humain font l'objet de versions divergentes et restent à confirmer (À VÉRIFIER).
Ce qui est mieux établi, c'est que l'AIEA a suspendu ses activités de vérification sur le terrain puis retiré ses inspecteurs pour raisons de sécurité, l'Iran ayant ensuite suspendu sa coopération avec l'agence, à laquelle il reproche de ne pas avoir condamné les frappes.
Le refus iranien et ses conditions
Téhéran ne ferme pas totalement la porte, mais pose ses conditions. Les responsables iraniens exigent un « cadre » codifié définissant les règles applicables lorsque des installations placées sous garanties internationales sont attaquées militairement. Tout accès aux sites « où les activités de l'AIEA ont été suspendues » dépendra désormais, selon le porte-parole iranien, « du processus de négociation et de son issue ». Seules les inspections de routine, comme celles de la centrale de Bushehr, se poursuivraient.
Pourparlers : Washington optimiste, Téhéran prudent
L'écart entre les deux capitales est frappant. Le vice-président américain JD Vance a affirmé que l'Iran avait accepté de laisser revenir les inspecteurs « dès cette semaine », selon CBS News ; côté iranien, on dément. Les deux camps ont néanmoins ouvert une séquence de négociations : un mémorandum d'entente prévoirait une période d'environ 60 jours de statu quo, le temps de chercher un accord, avec plusieurs groupes de travail (sanctions, nucléaire, reconstruction). Les détails restent à confirmer (À VÉRIFIER).
Enjeux : prolifération, sanctions et détroit d'Ormuz
Sans accès de l'AIEA, la communauté internationale ne peut évaluer l'état réel du programme après les frappes — ni le sort des stocks d'uranium hautement enrichi —, ce qui nourrit les craintes de prolifération. Washington conditionne tout allègement des sanctions à une vérification effective. Enfin, le porte-parole iranien a démenti les rumeurs de fermeture du détroit d'Ormuz, par où transite une part majeure du pétrole mondial, assurant que le trafic maritime commercial reste ininterrompu — un point de vigilance majeur pour les marchés.



