Le Mali a connu ce samedi 4 juillet une nouvelle journée de violences. Des combattants djihadistes et leurs alliés indépendantistes touaregs ont lancé des attaques quasi simultanées contre plusieurs localités du nord et du centre du pays, ainsi que contre une prison, rapporte Franceinfo sur la foi de sources sécuritaires.
Des assauts sur plusieurs fronts
Selon l'armée malienne, ses installations ont été visées à Gao, Aguelhok et Anéfis, dans le nord, à Sévaré, dans le centre, ainsi qu'à la prison de Kéniéroba, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Bamako. Les assauts, menés de façon rapprochée, ont provoqué des échanges de tirs et semé la confusion dans plusieurs villes, confirme Al Jazeera.
À Anéfis, le Front de libération de l'Azawad (FLA), coalition à dominante touarègue qui réclame l'indépendance du nord du Mali, a affirmé avoir pris « plusieurs positions » tenues par l'armée et assuré que les combats se poursuivaient dans la ville. Les groupes djihadistes actifs dans la région sont pour leur part affiliés à Al-Qaïda.
De son côté, l'état-major malien a assuré que la situation était « sous contrôle », affirmant avoir repoussé les assaillants. Dans ce type d'événement, les bilans restent toutefois difficiles à établir dans l'immédiat, les différentes parties livrant des versions divergentes.
Deux mois après une offensive majeure
Ces attaques surviennent un peu plus de deux mois après une précédente offensive d'ampleur, le 25 avril, au cours de laquelle plusieurs groupes armés avaient frappé simultanément plusieurs villes maliennes. Cette séquence avait illustré la capacité croissante des insurgés à coordonner leurs actions sur de longues distances et à mettre en difficulté les forces gouvernementales, y compris dans le nord.
Un pays sous pression sécuritaire
Le Mali est dirigé par une junte militaire, arrivée au pouvoir à la faveur des coups d'État de 2020 et 2021, qui avait fait de la restauration de la sécurité l'une de ses priorités affichées. Le pays a depuis vu partir la force française Barkhane et s'est tourné vers d'autres partenaires, notamment russes, sans que la menace armée ne reflue.
La multiplication de ces assauts coordonnés, qui touchent aussi bien des garnisons du nord que des villes du centre et jusqu'aux abords de la capitale, souligne l'ampleur du défi sécuritaire auquel Bamako reste confronté.



