Il a choisi les gestes avant les mots. Ce samedi 4 juillet, le pape Léon XIV s'est rendu à Lampedusa, cette petite île italienne posée entre la Tunisie et Malte, devenue au fil des ans le symbole des drames de la migration en Méditerranée. Un déplacement d'une demi-journée, rapporte Franceinfo, consacré à la mémoire des victimes et à la rencontre de ceux qui vivent, ou secourent, ces traversées.

Un recueillement face à la mer

Le pape a commencé sa visite par un temps de prière au cimetière où reposent des migrants non identifiés. Après y avoir déposé une gerbe, il s'est rendu à la Porte de l'Europe, le monument dressé face au large en hommage à ceux qui ont péri en mer, précise Vatican News. Là, seul sur un rocher tourné vers la Méditerranée, il a marqué un long moment de silence.

Un appel à une politique de long terme

Dans son homélie, le premier pape d'origine américaine a plaidé pour une réponse structurée plutôt que pour la seule gestion de l'urgence. L'Europe, a-t-il estimé, est capable d'aborder la crise migratoire de manière intégrée, en inscrivant les premiers secours dans une stratégie de long terme, capable d'accueillir, de protéger, de promouvoir et d'intégrer les migrants.

Le message intervient dans un contexte politique tendu. Comme le souligne France 24, la visite survient quelques semaines après l'adoption par l'Union européenne de nouvelles mesures migratoires, marquées notamment par un durcissement de la rétention et la création de centres situés hors des frontières de l'Union.

Sur les pas de François

En se rendant à Lampedusa, Léon XIV s'inscrit dans le sillon tracé par son prédécesseur. En juillet 2013, François avait fait de cette même île le tout premier déplacement de son pontificat hors de Rome, dénonçant alors la « mondialisation de l'indifférence ». Treize ans plus tard, le décor n'a guère changé : Lampedusa reste l'une des principales portes d'entrée vers l'Europe, et la Méditerranée continue d'engloutir des vies chaque année.

Le Vatican ne dispose d'aucun levier contraignant sur les politiques migratoires des États. Mais en revenant sur ce rocher chargé de symboles, Léon XIV a voulu rappeler que, derrière les chiffres et les débats, il y a d'abord des femmes, des hommes et des enfants.