Enlevée chez elle, retrouvée morte un mois plus tard
L'histoire de Roxana Guzmán dit, à elle seule, le danger d'informer dans certaines régions du Mexique. Enlevée en juin à son domicile de Nanchital, dans l'État du Veracruz (sud-est du pays), la journaliste a été retrouvée morte au début du mois de juillet, rapporte Le Monde.
Son enlèvement, mené par des hommes armés, avait été partiellement documenté et relayé sur les réseaux sociaux, provoquant l'inquiétude immédiate des organisations de défense de la presse. Un mois durant, sa famille et ses confrères sont restés sans nouvelles, jusqu'à la confirmation de sa mort par les autorités locales.
Une voix de l'information de proximité
Roxana Guzmán n'était pas une figure des grands médias nationaux, mais une actrice de l'information locale. Elle avait fondé quelques mois plus tôt un média numérique, Pulso Informativo del Sureste, diffusé principalement via les réseaux sociaux et suivi par environ 21 000 abonnés, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
C'est précisément ce journalisme de proximité — celui qui traite des affaires locales, de la sécurité et de la vie publique d'un territoire — qui expose le plus ses artisans. Loin des projecteurs, ces reporters couvrent des sujets sensibles au plus près des acteurs qu'ils dérangent.
Le Mexique, l'un des pays les plus meurtriers pour la presse
Le drame ne surgit pas dans le vide. Le Mexique figure, année après année, parmi les pays les plus dangereux au monde pour les journalistes, hors zones de guerre déclarée. Le CPJ souligne qu'il s'agit du pays comptant le plus grand nombre de journalistes portés disparus dans le monde, et l'un des plus meurtriers de l'hémisphère occidental pour la profession.
Le Veracruz, en particulier, s'est imposé de longue date comme l'une des régions les plus périlleuses, sur fond de violences liées à la criminalité organisée. Les meurtres et disparitions de journalistes y restent, le plus souvent, impunis, ce qui alimente un climat de peur et d'autocensure.
Une enquête ouverte
Les autorités mexicaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête et fait état d'interpellations. Par respect de la présomption d'innocence, et faute de décision de justice, ActuBrief ne détaille pas à ce stade l'identité des personnes mises en cause : il reviendra à la justice d'établir les responsabilités.
Reste l'essentiel : une journaliste de plus a payé de sa vie le fait d'informer. Les organisations de défense de la presse réclament, comme après chaque drame de ce type, des réponses rapides et la fin de l'impunité. ActuBrief suivra les suites de cette affaire.



