Une ligne qui ne bouge pas
L'athlétisme mondial ne change pas de cap. World Athletics, la fédération internationale présidée par le Britannique Sebastian Coe, a confirmé que les athlètes russes et biélorusses resteraient tenus à l'écart de ses compétitions, rapporte franceinfo. La décision prolonge une mise à l'écart en vigueur depuis le début de la guerre en Ukraine, et place la discipline dans une posture plus intransigeante que le reste du mouvement sportif.
Une exclusion héritée de 2022
La mesure remonte aux premiers jours du conflit. Quelques jours après le déclenchement de l'invasion russe, en février 2022, l'instance dirigeante de l'athlétisme avait décidé d'écarter athlètes, encadrants et officiels des deux pays de ses épreuves. La Biélorussie, utilisée comme base arrière de l'offensive, était visée au même titre que la Russie. Concrètement, cette exclusion a privé les sportifs concernés des grands rendez-vous internationaux, championnats du monde compris.
Sebastian Coe avait alors assumé une rupture avec sa prudence habituelle. L'ancien double champion olympique du 1 500 mètres, longtemps réservé sur l'idée de sanctionner des athlètes pour des décisions politiques qui les dépassent, avait jugé la situation exceptionnelle : le sport devait, selon lui, prendre part à la pression exercée sur Moscou. Une position qu'il défend depuis sans s'abriter derrière une quelconque neutralité.
Un écart assumé avec le CIO
Cette fermeté tranche avec l'évolution d'autres acteurs du sport mondial. Le Comité international olympique a, ces derniers mois, assoupli sa doctrine, ouvrant davantage la porte à certains athlètes des deux pays, souvent sous conditions et sous bannière neutre. Plusieurs fédérations, dans la natation ou d'autres disciplines, ont également allégé leurs restrictions, et jusqu'au football où des voix plaident pour une réintégration de la Russie.
Résultat : il n'existe plus vraiment de doctrine commune dans le sport international. Entre les instances qui rouvrent leurs portes et celles qui campent sur une ligne dure, à l'image de l'athlétisme, le paysage s'est fragmenté. World Athletics revendique cette singularité au nom de l'intégrité de ses compétitions, quitte à s'écarter des recommandations olympiques.
Le sport, arbitre malgré lui
L'épisode rappelle combien les grandes fédérations sont devenues des acteurs politiques à part entière. En conditionnant, de fait, tout retour des Russes et des Biélorusses à une désescalade sur le terrain militaire, l'athlétisme mondial admet que ses choix sportifs ne se séparent pas du contexte de guerre. Tant que la situation restera bloquée en Ukraine, ses stades devraient demeurer fermés aux athlètes des deux pays. ActuBrief suivra les prochaines échéances de la discipline.



