Le silence des armes n'a pas suffi à ramener les habitants. Depuis le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, une partie des déplacés du Sud-Liban a regagné ses villages, mais beaucoup restent bloqués loin de chez eux. Le retour, attendu comme une délivrance, s'est révélé un parcours d'obstacles.
Des centaines de milliers de retours, mais pas pour tous
Les ordres de grandeur sont vertigineux. La guerre a déplacé plus d'un million de personnes au plus fort des combats, selon Human Rights Watch. Après la trêve, le mouvement s'est inversé : l'Organisation internationale pour les migrations recensait plusieurs centaines de milliers de retours, mais aussi des dizaines de milliers de personnes encore déplacées, selon un point de situation de l'OCHA (chiffres susceptibles d'avoir évolué — À VÉRIFIER).
Ces retours masquent une réalité plus fragile : des familles repartent après avoir découvert leur maison détruite ou faute de services de base. Pour les villages frontaliers les plus exposés, le retour reste jugé impossible ou trop dangereux.
Rentrer dans des villages sans eau ni électricité
Le principal frein n'est pas seulement le bâti détruit, mais l'effondrement des services. « Même si leur maison est encore debout, comment rentrer quand il n'y a ni eau, ni électricité, ni télécommunications, ni structures de santé ? », résume un chercheur de Human Rights Watch.
L'ampleur des destructions le confirme : près de 100 000 logements seraient endommagés ou détruits, et les dégâts aux structures physiques du pays se chiffreraient en milliards de dollars selon la Banque mondiale (montants À VÉRIFIER). Dans certaines communes frontalières, la majorité des bâtiments aurait été détruite ou lourdement touchée. À cela s'ajoute le danger des munitions non explosées, qui ralentit le déblaiement et expose habitants et secouristes.
La frontière, zone interdite
Le retour bute enfin sur la géographie du conflit. Si l'armée israélienne s'est retirée de plusieurs localités, permettant un premier reflux, elle a maintenu sa présence sur plusieurs positions du Sud-Liban, rendant certaines zones inaccessibles. Les incidents ont persisté bien au-delà de la trêve : L'Orient-Le Jour a documenté des tirs visant des civils et des équipes lors d'opérations de déblaiement, signe que le retour s'effectue, par endroits, sous la menace.
Un État sous-doté, des bailleurs prudents
Face à des besoins de reconstruction colossaux, les moyens manquent. Un État aux finances exsangues peine à coordonner déblaiement, indemnisation et remise en service des infrastructures. L'aide internationale, elle, reste en deçà des attentes : les sommes promises par les bailleurs sont sans commune mesure avec le coût estimé de la reconstruction. Des pays du Golfe sont régulièrement cités comme financeurs potentiels, mais leur engagement reste conditionné à l'évolution politique et sécuritaire.
Entre maisons à rebâtir, services à rétablir et frontière sous tension, le retour des déplacés du Sud-Liban demeure, plus d'un an après les combats, largement inachevé.



