À Nabatiyé, principale ville du sud du Liban, les secouristes fouillent les décombres à la recherche de survivants. Il ne s'agit ni d'un accident ni d'un effondrement isolé : les destructions résultent de frappes israéliennes sur le sud du pays, qui se sont poursuivies alors même qu'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah venait d'être annoncé.

Des frappes malgré le cessez-le-feu

Selon franceinfo, de nouvelles frappes israéliennes ont fait au moins 23 morts dans le sud du Liban samedi 20 juin, malgré l'annonce, la veille, d'une trêve. Avions et drones ont visé plusieurs localités du Liban-Sud, dont les environs de Nabatiyé, détruisant des bâtiments et endeuillant des quartiers résidentiels, rapporte L'Orient-Le Jour.

Le bilan humain, lourd, émane des autorités libanaises (ministère de la Santé, Défense civile) et n'a pas fait l'objet d'un décompte indépendant complet. Le nombre exact de personnes encore disparues sous les décombres n'était pas établi.

« Un piège mortel » pour les secours

C'est là que se joue le drame décrit par les équipes de secours : elles ne parviennent plus à atteindre les blessés. L'organisation Médecins sans frontières décrit une zone qui ressemble à « un piège mortel ». « Des gens sont pris sous des bombardements intenses, tandis que les équipes de secours ne peuvent pas les atteindre en sécurité », résume son coordinateur des urgences.

Les ambulanciers soutenus par MSF rapportent ne passer que quelques minutes sur les lieux des explosions, par peur de frappes répétées. Plusieurs secouristes ont été blessés, et la Défense civile libanaise a déjà perdu des membres dans des attaques visant des opérations de sauvetage. La présence permanente de drones au-dessus de la région complique encore les recherches.

Une trêve fragile

L'épisode illustre la fragilité du cessez-le-feu tout juste annoncé entre Israël et le Hezbollah. Sur le terrain, les bombardements et les opérations militaires se poursuivent, et les secours travaillent sous la menace. Tant que les armes ne se taisent pas durablement, chaque tentative d'approche des décombres expose les sauveteurs eux-mêmes — au point de transformer le sauvetage en mission à haut risque.