C'est un sursis, plus qu'un blanc-seing. Le comité du patrimoine mondial de l'Unesco a décidé de ne pas inscrire la Grande Barrière de corail australienne sur sa liste du patrimoine mondial « en péril », tout en affichant une inquiétude marquée sur l'état de cet écosystème unique, rapporte RFI.

Une décision favorable à Canberra

La menace d'un classement « en péril » planait depuis plusieurs années sur le plus grand récif corallien du monde, qui s'étend sur quelque 2 300 kilomètres au large du nord-est de l'Australie. En écartant cette inscription, le comité a pris acte des efforts présentés par le gouvernement australien pour protéger le site, souligne Le Télégramme. Canberra, qui a multiplié les investissements pour la qualité de l'eau, l'encadrement de la pêche et la lutte contre les prédateurs du corail, a salué cette issue.

Un écosystème toujours menacé

Le répit reste toutefois fragile. Le récif a subi ces dernières années des épisodes répétés de blanchissement, phénomène par lequel les coraux, stressés par la hausse des températures de l'eau, expulsent les algues qui les nourrissent et les colorent, jusqu'à en mourir si la chaleur persiste. Le réchauffement des océans, conséquence directe du changement climatique, demeure la principale menace, aux côtés de la dégradation de la qualité de l'eau et de la pollution issue des bassins versants.

L'Unesco a d'ailleurs assorti sa décision d'une demande de vigilance et d'un suivi rapproché, l'Australie devant rendre compte des progrès accomplis. Tout recul pourrait rouvrir la voie à un classement sur la liste rouge.

Le climat au cœur du débat

Pour les organisations de défense de l'environnement, la question de fond reste entière : sans réduction ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale, aucun plan local ne suffira à préserver durablement le récif. Elles rappellent que la santé de la Grande Barrière est indissociable de la trajectoire climatique de la planète.

Symbole de la biodiversité marine et haut lieu du tourisme, la Grande Barrière de corail cristallise ainsi une tension devenue familière : celle entre les efforts de gestion sur le terrain et l'ampleur d'une menace, le réchauffement, qui se joue bien au-delà des frontières australiennes.