La plaie est loin d'être refermée. Plusieurs semaines après la décision, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dénonce toujours « un désastre économique » : celui, selon lui, provoqué par la mise à l'écart de Nice dans l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030, attribués aux Alpes françaises.
Les épreuves de glace regroupées à Lyon
Nice devait accueillir une partie des épreuves de glace (hockey, patinage, curling), considérées comme un cœur d'affluence des Jeux d'hiver. Mais le comité d'organisation a finalement annoncé leur regroupement à Lyon, privant la cité azuréenne des retombées attendues.
Au cœur du dossier, l'adaptation de l'Allianz Riviera, le stade niçois, jugée trop coûteuse et trop longue au regard du calendrier sportif. Pour la ville, l'opération représentait une dépense et une immobilisation de l'équipement difficilement soutenables.
Muselier et Ciotti se renvoient la responsabilité
C'est là que le débat vire à l'affrontement politique. Renaud Muselier reproche au maire de Nice, Éric Ciotti, d'avoir laissé filer une occasion historique et des retombées économiques majeures pour la ville et la région. De son côté, l'édile niçois défend un choix de prudence budgétaire, assurant avoir évité à sa ville une dépense disproportionnée qu'il préfère réorienter vers les équipements sportifs du quotidien.
Deux lectures irréconciliables s'affrontent donc : d'un côté, des économies revendiquées ; de l'autre, un manque à gagner présenté comme considérable. Le président de région, qui chiffre les pertes en centaines de millions d'euros, dit ne pas renoncer et évoque des propositions alternatives soumises aux organisateurs.
Un symbole qui échappe à la Côte d'Azur
Au-delà de la querelle d'estimations, l'épisode a une portée symbolique. Les Jeux d'hiver 2030 devaient offrir à la région une vitrine mondiale, et à Nice une place de choix dans le dispositif. Son effacement du volet « glace » nourrit un sentiment de rendez-vous manqué, à cinq ans d'un événement que la France se prépare pourtant à accueillir.



