Un but refusé pour quelques centimètres
Lors du huitième de finale entre le Portugal et la Croatie (2-1), un but croate inscrit dans les ultimes instants a été annulé pour hors-jeu après recours à l'assistance vidéo, scellant la qualification portugaise. Ce type de décision, autrefois source de polémiques interminables, s'appuie désormais sur un dispositif largement automatisé — et, en partie, sur le ballon lui-même.
Un capteur au cœur du ballon
Le principe du « ballon connecté » consiste à loger, au centre du ballon officiel, un capteur de mouvement (une centrale inertielle) capable de mesurer très précisément accélérations et déplacements. D'après le fabricant Adidas, ce capteur transmet ses données à très haute fréquence — de l'ordre de plusieurs centaines de mesures par seconde — à un système installé autour du terrain.
L'intérêt est décisif pour le hors-jeu : le capteur permet de dater à l'instant près le moment exact où le ballon est frappé. Or c'est précisément cet instant qui sert de référence pour juger si un joueur est hors-jeu. En le déterminant avec une grande précision, on lève l'une des principales incertitudes de l'analyse vidéo classique, où il fallait « geler » une image en estimant le moment du contact.
Le ballon ne travaille pas seul
Cette donnée est croisée avec un suivi optique des joueurs : des caméras installées dans le stade repèrent en temps réel de nombreux points du corps de chaque joueur (membres, tête), reconstituant leur position sur le terrain. En combinant la position des joueurs et l'instant de frappe fourni par le ballon, le système peut signaler automatiquement une situation de hors-jeu.
C'est ce qu'on appelle le hors-jeu semi-automatisé, une technologie que la FIFA a introduite lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar avant de la perfectionner. Le mot « semi » est essentiel : le dispositif ne tranche pas tout seul.
L'arbitre garde la main
Concrètement, le système génère une alerte à destination des arbitres vidéo, qui vérifient la situation avant de la transmettre à l'arbitre central. La décision finale reste humaine : la machine propose, l'arbitre dispose. L'objectif affiché n'est pas de remplacer l'arbitrage, mais de le rendre plus rapide et plus cohérent sur des cas millimétriques que l'œil ne peut pas départager.
Au-delà du hors-jeu, ces données nourrissent aussi les retransmissions — animations en 3D, visualisation des actions litigieuses — et pourraient, à terme, aider sur d'autres décisions comme les contacts avec le ballon. Reste que la technologie ne supprime pas le débat : elle en déplace le curseur, du « qui a raison ? » vers le « où placer, exactement, la limite ? ».



