Le 23 juin 2026, une commission mandatée par les Nations unies a rendu public un rapport au retentissement considérable : selon elle, les enfants palestiniens de la bande de Gaza ne seraient pas des victimes collatérales d'un conflit, mais des cibles désignées. L'accusation, d'une gravité extrême, est portée devant le Conseil des droits de l'homme à Genève. L'État hébreu la conteste avec virulence. Voici ce que dit ce document, qui l'a rédigé, et comment Israël y répond — en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'accusations d'un organe d'enquête, et non de faits tranchés par une juridiction.
Qui est cette commission ?
Il s'agit de la Commission d'enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, un organe créé par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en 2021. Souvent désignée comme la « commission Pillay », du nom de l'ancienne haut-commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay qui l'a longtemps présidée, elle est aujourd'hui dirigée par le juriste indien Srinivasan Muralidhar, après la démission de Mme Pillay survenue dans le sillage de son précédent rapport. Ses conclusions n'ont aucune force contraignante : la commission ne peut ni sanctionner ni poursuivre. Ses constats peuvent en revanche alimenter des procédures devant la Cour pénale internationale ou la Cour internationale de justice.
Ce que la commission affirme
Le rapport documente une dynamique que son président résume sans détour : « Nous constatons une tendance générale où les enfants sont spécifiquement pris pour cible par les forces israéliennes », a déclaré Srinivasan Muralidhar, selon Arab News. La commission avance qu'environ 30 % des personnes tuées dans la guerre à Gaza étaient des enfants, une proportion qu'elle juge anormalement élevée. Elle relève aussi que plus d'une centaine d'enfants auraient encore été tués entre octobre 2025 et la mi-janvier 2026, soit après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu.
Pour étayer la thèse d'un ciblage volontaire, la commission met en avant la nature des blessures : elle dit avoir documenté des cas d'enfants atteints par des tireurs d'élite ou des frappes, avec des plaies localisées qui, à ses yeux, trahissent une intention plutôt qu'un dommage accidentel, rapporte la chaîne publique américaine PBS. Le texte cite également la destruction d'hôpitaux, l'endommagement de la quasi-totalité des écoles et les restrictions imposées à l'aide humanitaire.

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Le mot « génocide »
C'est le terme le plus lourd du rapport, et il est revendiqué. La commission soutient que viser spécifiquement les enfants — qu'elle décrit comme la garantie de la continuité d'un peuple — constitue un élément établissant, selon elle, une « intention génocidaire » de détruire le groupe palestinien à Gaza. Ce document prolonge un précédent rapport de septembre 2025 dans lequel la même commission avait déjà conclu qu'Israël commettait un génocide, comme l'avait alors relayé UN News. La commission appelle les États à suspendre les transferts d'armes vers Israël et demande à la Cour pénale internationale de donner la priorité aux crimes commis contre des enfants, selon Reuters.
Il faut le redire avec netteté : la qualification de génocide est ici une conclusion de la commission, pas un verdict judiciaire. Seules les juridictions internationales peuvent l'établir en droit, et elles ne se sont pas prononcées en ce sens à ce jour.
Le rejet d'Israël
L'État hébreu, qui conteste de longue date la légitimité de cette commission qu'il estime structurellement partiale, a rejeté le rapport en bloc. Les autorités israéliennes dénoncent un texte qui, selon elles, ignore les tactiques du Hamas, accusé d'opérer au cœur de zones civiles densément peuplées, et réfutent tout ciblage délibéré d'enfants, rapporte The Times of Israel. Israël affirme s'efforcer de réduire les risques pour les civils, y compris en situation de combat. Lors du rapport précédent, Jérusalem avait déjà accusé les commissaires d'être des relais de la propagande du Hamas — une ligne de défense qu'il reconduit aujourd'hui.
La controverse intervient dans un contexte humanitaire toujours fragile, malgré l'accalmie permise par le cessez-le-feu d'octobre 2025. Les chiffres avancés par la commission, attribués pour partie à des sources locales, restent difficiles à vérifier de manière indépendante en temps réel, et doivent être lus comme les constats d'un organe d'enquête, à distinguer des faits définitivement établis.



