Treize mille hectares, c'est l'équivalent d'une fois et demie la superficie de Paris intra-muros. C'est ce qu'a parcouru un incendie déclaré dans la région de Guadalajara, à une centaine de kilomètres au nord de Madrid, rapportent Le Nouvel Obs et La Dépêche du Midi.

Un feu qui s'étend vite

Les surfaces annoncées ont progressé au fil de la journée, signe d'un sinistre encore actif. Ce type de progression rapide est caractéristique des incendies de la Meseta, ce vaste plateau central espagnol dont la végétation, largement composée de pins et de broussailles, brûle avec une intensité redoutable après plusieurs semaines sans pluie.

Nous ne disposons pas, à cette heure, d'informations vérifiées sur d'éventuelles victimes, évacuations ou habitations détruites, ni sur le détail des moyens engagés. Les chiffres de superficie cités correspondent aux bilans publiés dans la journée et sont susceptibles d'évoluer.

Une troisième vague de chaleur en approche

Le contexte aggrave l'inquiétude. L'Espagne s'apprête à connaître un nouvel épisode de forte chaleur, le troisième de l'été. Chaque vague successive assèche un peu plus les sols et la végétation, de sorte que le potentiel de propagation d'un départ de feu augmente à mesure que la saison avance.

C'est le mécanisme que l'on observe désormais chaque été dans le sud de l'Europe : ce n'est pas tant la température ponctuelle qui compte que l'accumulation. Un massif qui a traversé deux canicules brûle différemment d'un massif qui n'en a connu aucune.

Un été européen sous tension

L'épisode espagnol s'inscrit dans une séquence continentale. La France connaît elle aussi ses propres feux, en Haute-Corse notamment, et sort d'une succession de vagues de chaleur qui a lourdement affecté ses cultures.

Les moyens de lutte européens sont mutualisés dans une certaine mesure, avec des flottes d'avions bombardiers d'eau mobilisables entre États membres. Ce dispositif atteint toutefois ses limites lorsque plusieurs pays connaissent simultanément des sinistres majeurs : chacun garde alors ses appareils, et l'entraide devient théorique au moment précis où elle serait la plus utile.

C'est l'un des enseignements des étés récents, et l'une des raisons pour lesquelles la question des moyens de la sécurité civile revient dans le débat public français comme espagnol dès les premiers grands feux de juillet.