Une intrusion dans la zone aérienne coréenne
Des avions militaires chinois et russes ont pénétré la zone d'identification de défense aérienne de la Corée du Sud (KADIZ), a indiqué l'état-major interarmées de Séoul. L'armée de l'air sud-coréenne a aussitôt fait décoller des chasseurs pour « prendre des mesures tactiques en prévision de toute éventualité » — formule consacrée à chaque épisode de ce type. Aucun appareil n'a violé l'espace aérien souverain coréen, une distinction juridique essentielle. Séoul a, selon l'usage, protesté par voie diplomatique auprès de Pékin et Moscou.
ADIZ et espace aérien : une distinction capitale
La KADIZ n'est pas de l'espace aérien souverain. Cette zone, qui s'étend bien au-delà des eaux territoriales, impose aux aéronefs militaires étrangers de s'identifier avant d'y entrer, mais n'a pas de valeur contraignante en droit international. La Chine et la Russie en ont toujours contesté la légitimité, Pékin estimant que « tous les États jouissent de la liberté de passage ». Entrer dans une ADIZ n'est donc pas, en soi, une violation du droit international — mais constitue un signal politique fort.
Une coopération sino-russe qui s'intensifie
Ce type de patrouille coordonnée est devenu régulier depuis 2019. Pékin parle de « patrouilles aériennes stratégiques conjointes » menées « conformément au plan de coopération annuel » entre les forces aériennes chinoise et russe. La dernière en date remontait à décembre 2025, selon Al Jazeera. Les incidents précédents ont mobilisé des bombardiers russes Tu-95, des appareils radar A-50 et des chasseurs Su-35 côté russe, des bombardiers H-6 et des J-16 côté chinois — une dizaine d'aéronefs au total lors de l'épisode de fin 2024, d'après CBS News.
Séoul entre vigilance et retenue
L'armée sud-coréenne applique toujours le même protocole : détecter les appareils en amont, déployer des chasseurs F-15K ou KF-16, et surveiller le transit, sans provoquer d'escalade. L'épisode s'inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par le rapprochement entre Pékin et Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine et par les tirs de missiles nord-coréens. Pour Séoul, chaque incursion est aussi une démonstration de la solidarité, au moins implicite, entre les puissances qui bordent la péninsule.



