Un vrai passeport, pas un souvenir

Première précision : il ne s'agit pas d'un objet commémoratif vendu en boutique. Le passeport à l'effigie de Donald Trump est un document de voyage officiel, émis par le département d'État, doté des mêmes dispositifs de sécurité que le passeport standard. Il ouvre les mêmes frontières. La seule différence se trouve à l'intérieur : en l'ouvrant, le titulaire tombe sur le portrait présidentiel.

L'édition est limitée — de l'ordre de quelques dizaines de milliers d'exemplaires — et proposée dans un premier temps à Washington. Tout citoyen américain peut en faire la demande, et ceux qui préfèrent la version classique restent libres de l'obtenir.

Trump sur fond de Déclaration d'indépendance

Le président a dévoilé le visuel le 26 juin. La page intérieure le montre appuyé sur le Bureau Résolu, avec le texte de la Déclaration d'indépendance en arrière-plan ; une autre reproduit la scène de la signature de 1776, accompagnée du sceau « America 250 ». L'opération s'inscrit dans les festivités du 250e anniversaire des États-Unis.

Une première qui divise

Aucun président américain en exercice n'avait jusqu'ici figuré sur un passeport national. Des historiens jugent la démarche très inhabituelle, rappelant qu'aucun passeport étranger ne porte le portrait d'un chef d'État en fonction. Côté politique, les critiques fusent — y compris dans le camp républicain, où l'élu Don Bacon a comparé l'initiative aux portraits de dirigeants qu'affichaient les régimes soviétiques. Pour ses partisans, c'est un hommage patriotique ; pour ses détracteurs, un glissement du symbole d'État vers le symbole personnel. Trump, lui, assume pleinement.