La culpabilité tient, la peine vacille

La cour d'appel de Californie a rendu vendredi 26 juin une décision en demi-teinte, rapportée par Variety. D'un côté, elle confirme la condamnation prononcée fin 2022 à Los Angeles : Harvey Weinstein reste reconnu coupable d'un viol et de deux agressions sexuelles. De l'autre, la peine de seize ans de prison ne peut rester en l'état, et l'affaire est renvoyée devant la juridiction de première instance pour une nouvelle audience de détermination de la peine.

Le nœud juridique

Le motif est précis. Pour fixer la peine, la juge avait retenu comme circonstance aggravante la condamnation new-yorkaise de Weinstein, prononcée en 2020. Or cette décision a été annulée en 2024 par la plus haute juridiction de l'État de New York, pour des erreurs de procédure. En droit californien, une condamnation annulée ne peut plus peser dans le calcul de la peine. La nouvelle audience pourrait aboutir à une réduction de quelques années, sans que la magistrate y soit contrainte. Les arguments de la défense portant sur le fond du procès, eux, ont été écartés.

New York : une procédure se referme, une autre demeure

La situation new-yorkaise est plus tranchée. Le parquet de Manhattan a renoncé à un nouveau procès dans l'un des volets de l'affaire, la plaignante ne souhaitant pas affronter une énième confrontation judiciaire. En revanche, une condamnation distincte pour agression sexuelle reste en vigueur, et une audience de peine est attendue à l'automne 2026.

L'écho #MeToo

Ces rebondissements rappellent la complexité du traitement pénal des affaires nées du mouvement #MeToo. Weinstein, 74 ans, reste incarcéré. Pour ses accusatrices et les associations de défense des victimes, l'essentiel demeure : la culpabilité est confirmée, et la révision éventuelle de la peine ne porterait que sur une marge limitée d'un total déjà lourd.