Un plaidoyer sur un seul chef
John Bolton a comparu le 26 juin 2026 devant le tribunal fédéral de Greenbelt, dans le Maryland. Initialement visé par dix-huit chefs d'accusation, il a finalement plaidé coupable d'un seul : la conservation non autorisée d'informations de sécurité nationale. L'accord négocié avec les procureurs fédéraux lui évite le risque d'une condamnation cumulée bien plus lourde. Le chef retenu n'en demeure pas moins sérieux, portant sur des renseignements sensibles relevant de la défense nationale.
Plus d'un millier de pages en cause
Selon l'acte d'accusation, Bolton consignait ses journées dans des notes manuscrites détaillées, y compris à l'issue de réunions avec des responsables du renseignement ou des dirigeants étrangers. Ces écrits, classifiés, auraient été transmis à des proches via une messagerie personnelle, rapporte l'agence Associated Press. Au total, plus d'un millier de pages sensibles auraient ainsi circulé hors des circuits autorisés.
Une amende lourde, une prison incertaine
L'accord prévoit une amende de 2,25 millions de dollars, ainsi que des travaux d'intérêt général. Le gouvernement s'est engagé à ne pas réclamer plus de cinq ans d'emprisonnement, mais le juge conserve toute latitude lors de l'audience de détermination de la peine, prévue à l'automne. Une peine sans incarcération ferme n'est pas exclue.
D'allié à adversaire de Trump
Bolton avait été nommé conseiller à la sécurité nationale en 2018, avant d'être limogé par Donald Trump en 2019, leur relation s'étant fracturée sur plusieurs dossiers majeurs. Il avait ensuite publié des mémoires très critiques du président. Cette procédure, l'une des rares menées à leur terme parmi celles visant des personnalités que Trump considère comme des adversaires, nourrit le débat — en cours aux États-Unis — sur une possible instrumentalisation politique de la justice fédérale. La condamnation, attendue à l'automne, ne manquera pas de raviver cette controverse.



