C'est l'épilogue judiciaire, en première instance, de l'une des pires catastrophes qu'ait connues l'Italie contemporaine. Huit ans après l'effondrement du pont Morandi à Gênes, un tribunal a condamné 32 accusés à des peines de prison, rapporte Libération. Une décision très attendue par les familles des 43 victimes.
Le drame du 14 août 2018
Le 14 août 2018, en pleine journée, une section du pont Morandi, ce viaduc autoroutier qui enjambait la ville de Gênes, s'était brutalement effondrée. Des dizaines de véhicules avaient été précipités dans le vide. Le bilan, terrible, s'était établi à 43 morts. L'image de ce tablier rompu, dressé au-dessus du chantier naval et des immeubles, avait fait le tour du monde et profondément marqué l'Italie.
Au-delà du choc, la catastrophe avait posé une question brûlante : celle de l'entretien des infrastructures et des responsabilités dans leur surveillance. L'enquête s'était concentrée sur la maintenance de l'ouvrage et sur les décisions prises, ou reportées, par ses gestionnaires.
Des peines allant jusqu'à douze ans
Au terme d'un procès de plusieurs années, le tribunal a prononcé 32 condamnations, tandis que d'autres accusés étaient relaxés ou bénéficiaient de la prescription, détaille Le Monde. La peine la plus lourde, douze ans de prison, a été infligée à l'ancien PDG d'Autostrade per l'Italia, la société qui exploitait l'autoroute. D'autres anciens responsables de l'entreprise et de sa filiale d'ingénierie ont écopé de peines de plusieurs années.
Les prévenus étaient poursuivis pour des faits graves, notamment homicide involontaire et manquements à la sécurité. Selon l'accusation, l'état de dégradation de l'ouvrage était connu et les travaux nécessaires n'avaient pas été réalisés à temps.
Un jugement encore susceptible d'appel
Comme le veut la procédure italienne, ce verdict de première instance n'est pas définitif : les condamnés peuvent faire appel, et l'affaire pourrait connaître de nouveaux développements devant les juridictions supérieures. Le chemin judiciaire, déjà long, n'est donc pas achevé.
Pour les proches des victimes, cette décision représente néanmoins une étape importante, celle d'une reconnaissance de responsabilités après des années d'attente. Au-delà du cas génois, le drame du pont Morandi a durablement alerté sur l'enjeu, en Italie comme ailleurs en Europe, du vieillissement et de l'entretien des grandes infrastructures. Un enjeu qui, huit ans plus tard, reste plus que jamais d'actualité.



