Il y a des matchs que personne ne réclame et que tout le monde regarde quand même. La petite finale de la Coupe du monde appartient à cette catégorie : deux équipes que l'on vient de priver de leur rêve se retrouvent quarante-huit heures plus tard pour se disputer une médaille dont elles ne voulaient pas. Ce samedi soir, à partir de 23 heures heure française, la France y retrouve l'Angleterre, comme le rappelle Toute l'Europe.

Deux éliminations, deux frustrations

Les Bleus n'ont pas passé l'obstacle espagnol en demi-finale, s'inclinant sur un score de 2-0 qui n'a laissé que peu de place à la discussion. L'Angleterre, elle, est tombée face à l'Argentine, futur adversaire de l'Espagne en finale.

Restent donc deux sélections qui se connaissent par cœur, habituées à se croiser dans les grands rendez-vous, mais qui ne s'étaient encore jamais affrontées à ce stade précis de la compétition. La rencontre se joue loin des regards européens, sur un fuseau horaire qui obligera les téléspectateurs français à veiller tard.

La sortie de Didier Deschamps

L'essentiel, pourtant, n'est pas dans le classement final. Ce match est le dernier de Didier Deschamps sur le banc de l'équipe de France, rappelle Libération. Quatorze ans de mandat, un record de longévité qu'aucun de ses prédécesseurs n'approche, et un palmarès qui pèse : le titre mondial de 2018, une finale perdue aux tirs au but en 2022, une Ligue des nations.

Peu de sélectionneurs quittent leur poste après avoir mené leur équipe jusqu'au dernier carré d'un Mondial. Deschamps s'en va sur une demi-finale, ce qui, rapporté à l'histoire du football français, reste un très bon bilan de sortie. Cela n'empêchera personne, samedi soir, de trouver la fin un peu abrupte.

L'hommage de Mbappé

Kylian Mbappé, capitaine et principal héritier de cette période, n'a pas attendu le coup d'envoi pour saluer celui qui l'a lancé en sélection à 18 ans. L'attaquant a décrit son sélectionneur comme « l'une des plus grandes légendes de notre pays », selon les propos rapportés par France 24, tout en reconnaissant que le groupe aurait aimé lui offrir un départ plus glorieux.

Le joueur du Real Madrid a par ailleurs un intérêt personnel dans cette rencontre : il figure parmi les candidats au Soulier d'or, récompense du meilleur buteur du tournoi. Une dernière cartouche, donc, pour un joueur qui n'a plus grand-chose à prouver mais qui n'a jamais aimé terminer une compétition les mains vides.

Et après ?

La question de la succession occupe déjà l'espace médiatique français. Le nom de Zinédine Zidane revient avec insistance depuis des mois, sans qu'aucune officialisation soit intervenue à ce jour. La Fédération française de football n'a pas communiqué de calendrier pour l'annonce de son choix.

En attendant, il reste quatre-vingt-dix minutes. Une médaille de bronze ne console personne d'une demi-finale perdue, mais elle ferait une image de sortie plus douce pour un sélectionneur qui a passé quatorze ans à répéter que seul le résultat compte.