Il y a des défaites qui font plus mal que d'autres. Sur l'étape arrivée à Belfort, la plus longue de ce Tour de France 2026, trois Français se sont retrouvés aux avant-postes jusqu'au bout, pour finalement échouer à deux petites secondes du vainqueur, rapporte Info.fr. Frustrant.
Une échappée fleuve
La journée avait pourtant tout du scénario rêvé pour le cyclisme tricolore. Dès les premiers kilomètres, une échappée pléthorique, forte de dizaines de coureurs, a pris les commandes de la course, laissant les favoris du classement général se neutraliser à l'arrière. Dans ce grand groupe, trois Français : Kévin Vauquelin, Jordan Jegat et Clément Braz Afonso.
À mesure que les kilomètres défilaient sur ce parcours interminable, l'échappée s'est peu à peu délitée, jusqu'à l'ascension du Ballon d'Alsace, col mythique du massif des Vosges. C'est là, dans la difficulté, que la course a basculé et que les meilleurs se sont extraits pour se disputer le bouquet.
Le coup de maître de Schmid
Dans le final, le Suisse Mauro Schmid et le Colombien Harold Tejada sont parvenus à creuser un léger écart. Derrière, les trois Français ont tout tenté pour revenir, mais la jonction ne s'est jamais faite, détaille Olympics.com. À l'avant, Schmid a parfaitement géré son affaire, refusant de se découvrir dans les derniers hectomètres pour mieux surprendre son compagnon d'échappée au sprint. Résultat : une victoire en costaud pour le coureur helvète.
Les Français, eux, ont franchi la ligne groupés, à deux secondes seulement. Vauquelin, Jegat et Braz Afonso se classent dans les huit premiers de l'étape, tout près du podium, mais à mille lieues de la seule chose qui compte un tel jour : gagner.
Le goût amer des « presque »
Deux secondes. Dans une étape de plus de deux cents kilomètres, avalée en de longues heures d'effort, c'est infime, et pourtant c'est tout. Voilà résumée la cruauté du cyclisme, sport où l'on peut mener la course de bout en bout et repartir bredouille pour une erreur de placement, un sprint lancé trop tôt, une roue mal choisie.
Pour les trois Français, la déception est à la hauteur de l'occasion entrevue. Se retrouver à trois dans le bon coup, sur une étape promise aux baroudeurs, était une aubaine rare. La transformer en victoire aurait offert au public tricolore le succès qu'il attend depuis le départ de ce Tour.
La course continue
Au classement général, la hiérarchie n'a pas bougé : les cadors se sont observés pendant que l'échappée jouait sa carte, et le maillot jaune reste solidement accroché aux épaules du leader. Cette étape n'aura donc pas rebattu les cartes de la lutte pour la victoire finale.
Reste, pour les Français, à transformer l'essai avant Paris. Les occasions ne manqueront pas dans les Vosges puis les Alpes, mais il faudra saisir la prochaine, car dans ce sport, les regrets s'accumulent vite. À Belfort, le rêve était à deux secondes. La prochaine fois, peut-être.



