Comment remettre sur le marché des logements qui restent vides dans une ville où se loger relève du parcours du combattant ? La Ville de Paris a choisi la manière forte : le Conseil de Paris a voté une hausse marquée de la taxe sur les logements vacants, rapporte franceinfo.
Des taux nettement relevés
Concrètement, la Ville a décidé d'appliquer les plafonds les plus élevés que lui permet la loi. Le taux de la taxe passe ainsi à 30 % de la valeur locative du bien après un an de vacance, contre 17 % auparavant, puis à 60 % après deux ans, contre 34 % jusqu'ici. Un quasi-doublement, destiné à faire peser une charge dissuasive sur les propriétaires qui laissent leur bien inoccupé.
Le message est clair : garder un logement vide doit coûter cher. La mesure entrera en vigueur au 1er janvier 2027, laissant aux propriétaires un délai pour réagir, en louant, en vendant ou en réhabilitant leur bien.
Libérer des logements, pas remplir les caisses
L'objectif affiché n'est pas budgétaire. L'adjoint au maire chargé du logement, Jacques Baudrier, l'a souligné : il ne s'agit pas d'accroître les recettes de la municipalité, mais bien d'inciter à remettre les appartements sur le marché, rappelle Public Sénat. Idéalement, la taxe rapporterait peu, parce que les logements seraient loués plutôt que taxés.
La Ville espère ainsi voir revenir sur le marché locatif de l'ordre de 20 000 logements aujourd'hui inoccupés. Dans une capitale où la demande dépasse très largement l'offre, chaque appartement remis en location compte, tant la tension immobilière pèse sur les Parisiens, en particulier les classes moyennes et les jeunes actifs.
Un levier parmi d'autres
Cette hausse s'inscrit dans une stratégie plus large de la municipalité face à la crise du logement. La Ville poursuit en parallèle la production de logements sociaux et intermédiaires, et cherche à récupérer des biens accaparés par la location touristique de courte durée, en s'appuyant sur les outils réglementaires récents visant les plateformes de type meublés touristiques.
L'idée est de jouer sur plusieurs tableaux : construire, encadrer, et remobiliser l'existant. La taxe sur la vacance relève de ce troisième levier, souvent le plus rapide à activer, puisqu'il s'agit de logements déjà construits mais retirés du marché.
Une mesure qui fera débat
La décision ne fait toutefois pas l'unanimité. Du côté des propriétaires et d'une partie de l'opposition, on redoute une taxation jugée trop lourde, voire injuste dans certaines situations. Car toutes les vacances ne se valent pas : un logement peut rester vide pour cause de succession, de travaux lourds ou de litige, sans que le propriétaire cherche à spéculer.
La distinction entre vacance subie et vacance volontaire sera donc scrutée de près, tout comme l'efficacité réelle du dispositif. La Ville, elle, fait le pari qu'une pression fiscale accrue suffira à débloquer une partie du parc inoccupé. Rendez-vous en 2027 pour en mesurer les premiers effets.



