Les banques centrales n'ont pas renoncé à l'or. Selon le World Gold Council, leurs achats nets ont atteint 863 tonnes en 2025, le quatrième total annuel le plus élevé jamais enregistré, malgré un recul de 21 % par rapport aux 1 092 tonnes de 2024. Le chiffre reste très au-dessus de la moyenne 2010-2021 (environ 473 tonnes/an) : la demande officielle a quasiment doublé après 2021.

Un repli en trompe-l'œil

Le ralentissement de 2025 ne signe pas un retournement. Le pic absolu remonte à 2022 (1 136 tonnes, plus haut depuis 1950), et la dynamique se poursuit : 95 % des banques centrales interrogées par le World Gold Council anticipent une hausse des réserves mondiales d'or sur douze mois, et 43 % — un record — comptent accroître leurs propres avoirs. Les données du premier trimestre 2026 sont brouillées par des ventes turques, mais les importations nettes chinoises ont, elles, bondi.

Qui achète, et pourquoi

En 2025, la Banque nationale de Pologne mène la danse (102 tonnes), devant le Kazakhstan (57 t), le Brésil (43 t), la Turquie et la Chine. Les motivations convergent : diversification hors du dollar, sur fond de défiance accrue depuis le gel des avoirs russes en 2022 — un précédent qui a montré que les actifs en dollars détenus à l'étranger ne sont pas à l'abri des sanctions. Parmi les institutions des pays émergents, 85 % citent la couverture du risque géopolitique.

Un cours dopé à des niveaux inédits

Cette demande structurelle a porté le métal à des sommets, l'once dépassant des records historiques début 2026 (niveaux instantanés à confirmer). J.P. Morgan table sur une moyenne de l'ordre de 6 000 dollars l'once fin 2026, un scénario suspendu à l'évolution des tensions géopolitiques et à la politique de la Réserve fédérale. Tant que l'instabilité internationale persiste et que la confiance dans le dollar s'effrite, les banques centrales devraient rester un soutien durable au cours de l'or.