Une sortie de l'OTAN « par étapes »

Jean-Luc Mélenchon place la politique étrangère au cœur de son projet pour 2027. Sa promesse, portée de longue date par La France insoumise, est désormais assortie d'une méthode : une sortie de l'OTAN « par étapes ». Il s'agirait d'abord de quitter le commandement intégré — que Nicolas Sarkozy avait réintégré en 2009 —, puis de prendre ses distances avec les équipements partagés avec l'armée américaine. L'Alliance atlantique, soutient-il, placerait la France « sous tutelle » des États-Unis. Son programme prévoit aussi de refuser toute alliance militaire permanente, en Asie-Pacifique comme ailleurs.

La Chine comme « partenaire privilégié »

Sur la Chine, Mélenchon défend un accord scientifique et économique qui ferait de Pékin un partenaire privilégié, estimant que la France a parfois davantage d'intérêts communs avec la Chine qu'avec certains partenaires européens. Sur Taïwan, il a affirmé que la France « ne s'en mêlerait pas » en cas de prise de l'île, résumant sa boussole par une formule d'héritage gaulliste : « ni Moscou, ni Washington, ni Pékin, mais Paris ». Le tout s'inscrit dans un projet plus large de rapprochement avec les pays du « Sud global ».

Des critiques jusqu'à gauche

La réception divise, y compris à gauche. La présidente des Écologistes, Marine Tondelier, a publié une note appelant à « sortir de la fascination pour la Chine », reprochant à LFI son silence sur la répression des Ouïghours, des Tibétains ou la situation à Hongkong. Côté socialiste, des responsables ont raillé un alignement supposé sur les intérêts de puissances autoritaires. Des experts, comme ceux du think tank Terra Nova, pointent les risques concrets d'une sortie de l'OTAN : perte du bénéfice de l'article 5, moindre interopérabilité avec les partenaires européens, perte d'influence dans les décisions de l'Alliance.

Un clivage pour la campagne

Pour Mélenchon, ces critiques confirment la pertinence d'une ligne qu'il veut placer au centre du débat de 2027 : l'autonomie stratégique de la France face aux blocs. Ses détracteurs y voient une complaisance envers des régimes autoritaires habillée en indépendance nationale. Le débat, lui, ne fait que commencer.