Matignon alerte sur la mortalité à domicile
Alors que les températures commencent à refluer, les services du Premier ministre ont confirmé ce que redoutaient les soignants : une hausse du nombre de décès liés à la canicule, survenus « principalement à domicile ». Sans avancer de bilan chiffré — les données consolidées n'étant pas disponibles —, Matignon a appelé à concentrer « la vigilance de tout un chacun » sur les personnes isolées chez elles. Le ministère de la Santé s'est, de son côté, dit « préoccupé » par des décès à domicile sur l'ensemble du territoire, tout en reconnaissant ne pas disposer de chiffres exhaustifs.
Un danger qui ne s'éteint pas avec la chaleur
Le gouvernement a insisté sur un point : la décrue thermique ne met pas fin au risque sanitaire. Les effets de la chaleur extrême « restent devant nous », avec un effet de latence — déshydratations, décompensations cardiaques, hospitalisations différées — attendu dans les jours qui suivent le pic. Les hôpitaux, déjà sous tension (plan blanc en Île-de-France, forte hausse des appels au Samu et des passages aux urgences), devraient rester mobilisés.
Les personnes âgées isolées en première ligne
Les autorités identifient les personnes âgées vivant seules comme la population la plus exposée. Sans entourage pour veiller à leur hydratation et à leur mise au frais, elles cumulent les risques, surtout la nuit lorsque les températures nocturnes empêchent le corps de récupérer. Les registres communaux de personnes vulnérables, créés après la canicule meurtrière de 2003, ont été mobilisés pour des visites préventives.
Le bilan complet attendra
Santé publique France, chargée de la surveillance, ne publiera le bilan de surmortalité que plusieurs semaines après la fin de l'épisode, le temps de consolider les actes de décès. En 2003, le bilan final avait mis des mois à être établi. Les autorités appellent donc à la prudence face aux estimations prématurées — et à maintenir la mobilisation tant que la situation n'est pas stabilisée.



