L'épisode caniculaire desserre son étreinte, mais laisse derrière lui une polémique. Ce mercredi, la vigilance rouge a été levée sur l'ensemble du territoire et l'incendie de la forêt de Fontainebleau, qui a marqué les esprits, est désormais fixé, rapporte Le Progrès. C'est dans ce contexte que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a tenu à répondre à ses détracteurs.
Une « polémique stérile », selon le ministre
Face aux critiques sur un supposé manque de moyens aériens pour lutter contre les feux, Laurent Nuñez a dénoncé une « polémique stérile ». Le ministre a assuré que la France disposait de capacités aériennes comparables, voire supérieures, à celles de pays méditerranéens régulièrement confrontés aux incendies, comme l'Espagne ou le Portugal.
L'incendie de Fontainebleau, précisément, a mobilisé un dispositif aérien inhabituel pour l'Île-de-France, avec l'envoi de Canadair, d'avions Dash et d'hélicoptères bombardiers d'eau. Une intervention massive qui a permis de fixer le feu après plusieurs jours de lutte, sans faire de blessé.
Une flotte qui vieillit
Derrière la passe d'armes, une vraie question demeure : celle de l'état et du renouvellement de la flotte française de bombardiers d'eau. Ces avions, dont les emblématiques Canadair, sont soumis à une utilisation intense et à une usure importante, et une partie du parc est régulièrement immobilisée pour maintenance.
Le renouvellement est engagé, mais lent. La France a commandé de nouveaux Canadair, dont les premières livraisons ne sont toutefois pas attendues avant le début des années 2030. Un calendrier qui alimente les critiques, à l'heure où les incendies gagnent en fréquence et remontent vers le nord du pays, comme l'a illustré le feu de Fontainebleau.
Un débat de fond, au-delà des mots
La controverse dépasse la simple question du vocabulaire. Elle pose celle des moyens que la France consacre à la lutte contre des incendies appelés à se multiplier avec le réchauffement climatique. Faut-il accélérer le renouvellement des avions ? Renforcer la prévention ? Mutualiser davantage les moyens à l'échelle européenne ?
En qualifiant le débat de « stérile », le ministre entend couper court aux récupérations politiques en pleine crise. Mais l'enjeu, lui, est durable : des étés de plus en plus chauds, des massifs de plus en plus exposés, et une flotte dont chacun s'accorde à dire qu'elle devra, tôt ou tard, être modernisée. La fin de l'alerte de cette semaine ne referme donc pas la discussion. Elle la reporte, au mieux, à la prochaine vague de chaleur.



