São José dos Campos, un cluster aéronautique

À deux heures de route de São Paulo, São José dos Campos est devenue le plus grand pôle aérospatial d'Amérique latine. C'est là qu'Embraer fabrique ses appareils depuis 1969. Le parallèle avec Toulouse n'est pas qu'une image : comme la ville rose autour d'Airbus, la cité brésilienne a structuré son économie autour de l'aviation — école d'ingénieurs aéronautiques de renom, centres de recherche, et plus d'une centaine d'entreprises sous-traitantes gravitant autour du constructeur, comme le détaille Le Monde.

Le spécialiste des jets régionaux

Embraer occupe un créneau précis : les jets régionaux de 70 à 150 sièges, un segment qu'Airbus et Boeing n'ont jamais cherché à dominer. Sa gamme phare, les E-Jets de deuxième génération (E2), a franchi en 2026 la barre des 500 commandes fermes. Le plus grand modèle de la famille, l'E195-E2, concurrence directement l'Airbus A220 — les deux appareils se retrouvant souvent face à face dans les appels d'offres des compagnies.

Un carnet de commandes record

Les chiffres confirment l'élan. Fin 2025, le carnet de commandes du groupe atteignait un niveau record, en hausse marquée sur un an, selon Air Journal, et il a continué de progresser au premier trimestre 2026. La même année 2025, Embraer a livré un nombre record d'appareils, tous segments confondus (aviation commerciale, aviation d'affaires, défense). Pour 2026, le constructeur a relevé ses objectifs de livraisons commerciales.

Le volet militaire qui change la donne

La montée en puissance d'Embraer passe aussi par la défense. Son avion de transport militaire, le KC-390, séduit de nouveaux clients hors d'Amérique latine, avec des livraisons attendues vers plusieurs pays et une cadence de production en hausse, note Breaking Defense. L'appareil dispute des contrats à des références établies du marché.

Ce que cela signifie pour Airbus

Pour le lecteur français, le prisme est clair : Airbus et Embraer sont concurrents sur le segment des avions de 100 à 150 sièges. Lorsque Boeing avait tenté de racheter Embraer à la fin des années 2010, Bruxelles avait suivi le dossier de près, avant que la fusion n'échoue. Resté indépendant et en bonne santé financière, le brésilien n'a pas fini de faire parler de lui.