Un sacre inédit pour Singapour

Le jury du Festival international du film d'animation d'Annecy a décerné son Cristal du long métrage — la plus haute récompense de la compétition — à The Violinist (« La Violoniste »), une coproduction singapourienne, espagnole et italienne, rapporte Variety. Réalisé par Ervin Han et Raúl García, le film suit deux amis d'enfance violonistes dont les destins se séparent au gré des bouleversements historiques de Singapour, de l'avant-guerre à nos jours. Une fresque ambitieuse, portée par une animation dessinée à la main qui tranche avec l'omniprésence du numérique.

Annecy, capitale mondiale de l'animation

Fondé en 1960, le festival d'Annecy est la référence planétaire du cinéma d'animation : chaque mois de juin, la ville savoyarde réunit studios, auteurs et acheteurs du monde entier. Son Cristal du long métrage fait office de « Palme d'or » du genre. L'édition 2026 a battu un record de fréquentation, signe d'une industrie en pleine expansion malgré les incertitudes liées à l'intelligence artificielle. Le décrocher, pour un studio singapourien encore peu connu en Europe, constitue une consécration retentissante.

Un palmarès éclectique

Le reste du palmarès confirme la vitalité du secteur, selon The Hollywood Reporter. Le long métrage Iron Boy, du Français Louis Clichy (passé par Pixar), a séduit en remportant à la fois le Prix du jury et le Prix du public. Côté courts métrages, l'Américain Don Hertzfeldt, figure culte de l'animation indépendante, a été distingué. Une édition toutefois endeuillée par la mort accidentelle d'un animateur durant le festival.

Ce que dit ce palmarès

Que le grand prix revienne à Singapour en dit long sur l'évolution du cinéma d'animation : les grandes récompenses ne sont plus l'apanage des seuls studios américains, japonais ou européens. L'Asie du Sud-Est s'affirme comme un territoire de création à part entière, capable de porter des œuvres ambitieuses et ancrées dans une mémoire collective propre jusqu'au sommet des palmarès mondiaux.