Une campagne « pied au plancher »

Candidat déclaré à la présidentielle de 2027, l'ancien Premier ministre et patron de Renaissance Gabriel Attal entend mener la course « pied au plancher », selon ses propres mots rapportés par Le Parisien. « Les gens doivent voir qu'on a envie », résume-t-il, soucieux de trancher avec une image parfois jugée trop lisse.

Briser la « tenaille » des extrêmes

Sa priorité affichée : empêcher un second tour entre le RN et LFI. Il faut, dit-il, « desserrer la tenaille » que les deux formations font peser sur le paysage politique, et pour cela rassembler « au-delà » de la droite et du centre, rapporte BFMTV. Une manière d'ouvrir la porte à des électeurs qui ne se reconnaissent pas strictement dans le macronisme, en pariant que « les extrêmes ne sont jamais invincibles ».

Le « pacte nationalo-insoumis » dans le viseur

C'est sur le terrain rhétorique qu'Attal se montre le plus offensif. Dans un entretien au Figaro, il dénonce un « pacte nationalo-insoumis », convergence de fait qu'il perçoit entre le RN et LFI. Il qualifie Jean-Luc Mélenchon de « nouveau Trump français » et reproche au Rassemblement national ses « habits poutiniens », en référence à des positions jugées complaisantes envers Moscou. L'objectif : requalifier le choix électoral, en présentant les deux extrêmes comme les deux faces d'un même danger.

Une recomposition semée d'embûches

La stratégie de rassemblement se heurte toutefois à des résistances. Si Attal s'appuie sur l'axe central (Renaissance, MoDem, Horizons), Les Républicains de Bruno Retailleau — lui aussi engagé pour 2027 — campent à distance, et plusieurs figures de la droite ont d'emblée écarté tout ralliement. À l'intérieur même du camp présidentiel, les ambitions concurrentes ne manquent pas. Reste pour Attal à transformer l'offensive verbale en dynamique : à près de deux ans de l'échéance, la bataille du « bloc central » ne fait que commencer.